Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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Né poète, nicolas-joseph-laurent gilbert vit le jour à Fontenai-
le-Château (Lorraine), près de Nancy, en 1751, et mourut à i'Hôtel-
Dieu de Paris en 1780. Il tourna malheureusement du côté de la satire,
et s'attira par là un grand nombre d'ennemis qui cependant admirèrent
ses vers. Des malheurs, des injustices peut-être, lui aigrirent Pesprit, au
point même que sa raison s'aliéna, ce qui le fit mourir à l'hôpital, vic-
time d'une puissante cabale et d'une nuée d'ennemis. L'autopsie de âon
corps ayant été faite, on découvrit qu'il avait avalé la clé de sa cassette.
Il est particulièrement connu par la satire qui a pour titre: le Dix-
huitième sièclet et par une autre pièce intitulée, le Poète malheureux.
Lorsque Gilbert était sur son grabat, un homme célèbre alla le voir. »Vous
faites de beaux vers," dit-il au poète. — »Jq le sais," répondit celui-ci,
jion me loue do reste, mais je manque de pain." C'est là souvent la
destinée du génie. Quelques jours avant de mourir, le poète composa les
beaux vers que nous allons citer; ils respirent une sensibilité aussi douce
que l'expression en est éloquente.
Les Adieux de Gilbert à la vie.
J'ai révélo mon cœur au dieu de Tinnocence;
Il a vu mes pleurs pénitents;
Il guérit mes remords, il m'arme de constance;
Les malheureux sont ses enfants!
Mes ennemis, riant, ont dit dans leur colère:
„Qu'il meure, et sa gloire avec lui."
Mais à mon cœur calmé le seigneur dit en Père:
„Leur haine sera ton appui.
„A tes plus chers amis ils ont prêté leur rage;
Tout trompe ta simplicité ;
Celui que tu nourris court vendre ton image,
Noire de sa méchanceté.
„Mais dieu t'entend gémir, dieu vers qui te ramène
Un vrai remords né des douleurs,
dieu qui pardonne enfin à la nature humaine
D'être faible dans les malheurs.