Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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Sa famille Penvoya à Paris pour y achever son éducation, dans une des
écoles centrales du Collège des Quatre-Nations. A peine avait-il quitté cette
institution qu'il publia un recueil de petits poèmes sous le titre de, Les
plaisirs du poète, et une Satire sur les romans nouveaux. Ces deux
productions, qui se distinguent par l'élégance et la pureté du style, atti-
rèrent bientôt l'attention du public, au point même que la dernière fut
couronnée par l'Académie de Lyon. Millevoye, qui dévorait les livres,
voulut se vouer à la librairie; mais le chef auquel il fut recommandé,
devinant les goûts de son apprenti, lui dit un jour: Vous lisez, vous ne
serez jamais libraire. Ce pronostic le détermina, en 1804, à se livrer
entièrement à son penchant pour la littérature. Le premier volume de ses
Poésies diverses comprend: Les Plaisirs du poète, VAmour maternel,
avec l'intéressant épisode la Lionne de Florence, VIndépendance de Vhomme
de lettres, le Voyageur, Belzunze ou la peste de Marseille, la Mort de
Rotrou, l'nmi et l'émule de Corneille, Gofjin ou le héros liégeois. — La
plupart de ses poésies respirent une douce mélancolie, que Ton remarque
surtout dans son élégie: La Chute des feuilles.
L'Anniversaire.
Élégie.
Hélas! après dix ans je revois la journée
Où râme de mon père aux Cieux est retournée.
L'heure sonne: j'écoute... 0 regrets! ô douleurs!
Quand cette heure eut sonné, je n'avais plus de père.
On retenait mes pas loin du lit funéraire;
On me disait: „11 dort;" et je versais des pleurs.
Mais du temple voisin quand la cloche sacrée
Annonça qu'un mortel avait quitté le jour.
Chaque son retentit dans mon âme navrée,
Et je crus mourir à mon tour.
Tout ce qui m'entourait me racontait ma perte:
Quand la nuit dans les airs jeta son crepe noir.
Mon père à ses côtés ne me fit plus asseoir,
Et j'attendis en vain à sa place déserte
Une tendre caresse et le baiser du soir.