Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Vorige scan Volgende scanScanned page
60
Religion de la mère de famille.
La religion de notre mère était, comme son génie, tout en-
tière dans son âme. Elle croyait humblement; elle aimait ar-
demment; elle espérait fermement. Sa foi était un acte de vertu
et non un raisonnement. Elle la regardait comme un don de
dieu, reçu des mains de sa mère, et qu'il eût été coupable
d'examiner et de laisser emporter au vent du chemin. Plus
tard, toutes les voluptés de la prière, toutes les larmes de l'ad-
miration, toutes les effusions de son cœur, toutes les sollicitudes
de sa vie, et toutes les espérances de son immortalité s'étaient
tellement identifiées avec sa foi, qu'elles en faisaient, pour ainsi
dire, partie dans sa pensée, et qu'en perdant ou en altérant
sa croyance, elle aurait cru perdre à la fois son innocence, sa
vertu, ses amours et ses bonheurs ici-bas, et ses gages de
bonheur plus haut, sa terre et son ciel enfin! Aussi y tenait-
elle comme à son ciel et à sa terre. Et puis elle était née
pieuse comme on naît poète; la piété, c'était sa nature; l'amour
de dieu, c'était sa passion! Mais cette passion, par l'immensité
de son objet et par la sécurité même de sa jouissance, était
sereine, heureuse et tendre comme toutes ses autres passions.
Cette piété était la part d'elle-même qu'elle désirait le plus
ardemment nous communiquer. Faire de nous des créatures de
DIEU en esprit et en vérité, c'était sa pensée la plus maternelle.
Sa piété, qui découlait de chacune de ses inspirations, de cha-
cun de ses actes, de chacun de ses gestes, nous enveloppait,
pour ainsi dire, d'une atmosphère du ciel ici-bas. Nous croyions
que DIEU était derrière elle, et que nous allions l'entendre et
le voir, comme elle semblait elle-même l'entendre et le voir,
1) Le mot bonheur, dans le sens d'événement heureux, peut se prendre
au pluriel. On dit familièrement : J'ai eu des bonheurs dans ma vie. Il
se dit e'galement du mal qu'on évite, et du bien qui survient: Il lui est
arrivé plusieurs bonheurs à la fois. Dans le sens d'état heureux, il n'a
point de pluriel; J^envie votre bonheur.