Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Vorige scan Volgende scanScanned page
40
C'est Lui qui dans l'Êgjpte, oii je suis trop aride,
Veut qu'au moment prescrit, le Nil, loin de ses bords,
Répandu sur ma plaine, y porte mes trésors
A de moindres objets tu peux le reconnaître:
Contemple seulement l'arbre que je fais croître
Mon suc, dans la racine à peine répandu.
Du tronc qui le reçoit à la branche est rendu:
La feuille le demande, et la branche fidèle,
Prodigue de son bien, le partage avec elle.
De l'éclat de ses fruits justement enchanté.
Ne méprise jamais ces plantes sans beauté:
Troupe obscure et timide, humble et faible vulgaire,
Si tu sais découvrir leur vertu salutaire,
Elles pourront servir à prolonger tes jours.
Et ne t'afflige pas si les leurs sont si courts:
Toute plante, en naissant, déjà renferme en elle
D'enfants qui la suivront une race immortelle s);
Chacun de ces enfants, dans ma fécondité,
Trouve un gage nouveau de sa postérité.
Ainsi parle la terre; et, charmé de l'entendre.
Quand je vois par ces nœuds que je ne puis comprendre
Tant d'êtres différents l'uu à l'autre enchaînés.
Vers une même fin constamment entraînés,
A Tordre général conspirer 5) tous ensemble,
Je reconnais partout la main qui les rassemble,
Et d'un dessein si grand j'admire l'unité,
Non moins que la sagesse et la simplicité.
Le Nil se déborde toutes les années au mois de juin, croît pendant
40 jours, puis se retire insensiblement, laissant sur les terres un limon,
qui les fertilise.
2) Autrefois on prononçait cre^re ; ce mot ne peut plus rimer aujourd'hui
avec reconnaître: dites plutôt, que fai vu naître.
3) C'est-à-dire les graines qui servent à la reproduction de la plante.
Le mot nœud est pris ici fîgurément; il signifie, liaison de plusieurs
choses qui dépendent les unes des autres.
5) S'unir pour un même dessein.