Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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CHRIST seul pouvait enseigner au monde que la foi, Tespérance
et la charité sont des vertus qui conviennent à Tignorance comme
à la misère de Thomme.
C'est une prodigieuse raison, sans doute, que celle qui nous
a montré dans la foi la source des vertus. Il n'y a de puis-
sance que dans la conviction. Un raisonnement n'est fort, un
poème n'est divin, une peinture n'est belle, que parce que l'es-
prit ou l'œil qui en juge, est convaincu d'une certaine vérité
cachée dans ce raisonnement, ce poème, ce tableau. Un petit
nombre de soldats, persuadés de l'habileté de leur général,
peuvent faire des miracles. Trente-cinq mille Grecs suivent
Alexandre à la conquête du monde; Lacédémone se confie en
Lycurgue, et Lacédémone devient la plus sage des cités; Ba-
bylone se présume faite pour les grandeurs, et les grandeurs se
prostituent à sa foi mondaine: un oracle donne la terre aux
Romains, et les Eomains obtiennent la terre; Colomb seul, de
tout un monde, s'obstine à croire à un nouvel univers, et un
nouvel univers sort des flots. L'amitié, le patriotisme, l'amour,
tous les sentiments nobles, sont aussi une espèce de foi. C'est
parce qu'ils ont cru, que les Codrus, les Pylade, les Kégulus,
les Arrie i), ont fait des prodiges. Et voilà pourquoi ces cœurs
qui ne croient rien, qui traitent d'illusions les attachements de
l'âme, et de folie les belles actions, qui regardent en pitié l'ima-
gination et la tendresse du génie; voilà pourquoi ces cœurs
n'achèveront jamais rien de grand, de généreux; ils n'ont de
foi que dans la matière et dans la mort, et ils sont déjà in-
sensibles comme lune, et glacés comme l'autre.
Si vous employez la ƒo^ à son véritable usage, si vous la
tournez entièrement vers le Créateur, si vous en faites l'œil in-
tellectuel par qui vous découvrez les merveilles de la Cité sainte
et l'empire des existences réelles, si elle sert d'ailes à votre
âme, pour vous élever au-dessus des peines de la vie, vous re-
ï) ArriOf femme de Pœtus, consul romain. Klle s'immortalisa par son
héroïsme et sa tendresse conjugale. Son mari, condamné à la mort, par
Claude, hésitait à se percer d'un poignard; elle^prit l'arme et s'en frappa,
en disant: »Pœtus, cela ne fait point de mal." — Voir Pline, Livr. III.
Ép. 16. Les autres exemples sont trop connus pour que nous en parlions.