Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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317.
dats qui en seraient sortis sous leur conduite? N'examinez
donc point si à la fin d'une bataille j'ai perdu quelques
soldats; mais jugez de ma conduite par ma victoire. S'il est
vrai que j'ai chassé les ennemis de votre territoire, que je leur
ai tué beaucoup de monde dans deux combats, que j'ai forcé
les débris de leurs armées de s'enfermer dans leurs places, que
j'ai enrichi Rome et vos soldats du butin qu'ils ont fait dans
le pays ennemi, que vos tribuns s'élèvent, et qu'ils me repro-
chent en quoi j'ai manqué contre les devoirs d'un bon général.
Mais ce n'est pas ce que je crains ; ces accusations ne servent
que de prétexte pour pouvoir exercer impunément leur haine
et leur aniraosité contre le Sénat et contre l'ordre des patri-
ciens. Mon véritable crime, aussi bien que celui de l'illustre
Ménénius c'est de n'avoir pas nommé, l'un et l'autre, pen-
dant notre consulat, ces décemvirs après lesquels vous soupirez
depuis si longtemps. Mais le pouvions-nous faire dans l'agita-
tion et le tumulte des armes, et pendant que les ennemis étaient
à nos portes, et la division dans la ville? Et quand nous l'au-
rions pu, sachez, Eomains, que Servilius n'aurait jamais auto-
risé une loi qu'on ne peut observer sans exciter un trouble gé-
néral dans toutes les familles, sans causer une infinité de procès,
et sans ruiner les premières maisons de la république, qui en
sont le plus ferme soutien. Faut-il que vous ne demandiez
jamais rien an Sénat qui ne soit préjudiciable au bien commun
de la patrie, et que vous ne le demandiez que par des sédi-
tions? Si un sénateur ose vous représenter l'injustice de vos
prétentions, si un consul ne parle pas le langage séditieux de
vos tribuns, s'il défend avec courage la souveraine puissance
dont il est revêtu, on crie au tyran! A peine est-il sorti de
charge, qu'il se trouve accablé d'accusations. C'est ainsi que
par votre injuste plébiscite vous avez ôté la vie à Ménénius,
aussi grand capitaine que bon citoyen. Ne devriez-vous pas
mourir de honte, d'avoir persécuté si cruellement le fils de ce
Ménénius Agrippa, à qui vous devez vos tribuns, et ce pouvoir
1) Fils de Méûénius Agrippa, plébe'ien, nommé sénateur après l'expul-
sion des rois. <