Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Vorige scan Volgende scanScanned page
307
Socrate, „celui de vous enrichir de vertus: si vous le suivez,
je n'ai pas besoin de vos promesses; si vous le négligez, elles
seraient inutiles à ma famille."
Il passa ensuite dans une petite pièce pour se baigner : Criton
le suivit ; ses autres amis s'entretinrent des discours qu'ils
venaient d'entendre, et de l'état où sa mort allait les réduire;
ils se regardaient déjà comme des orphelins privés du meilleur
des pères, et pleuraient moins sur lui que sur eux-mêmes. On
lui présenta ses trois enfants; deux étaient encore dans un âge
fort tendre. Il donna quelques ordres aux femmes qui les avaient
amenés, et, après les avoir renvoyés, il vint rejoindre ses amis.
Un moment après, le garde de la prison entra. „Socrate,"
lui dit-il, „je ne m'attends pas aux imprécations dont me char-
gent ceux à qui je viens annoncer qu'il est temps de prendre
le poison. Comme je n'ai jamais vu personne ici qui eût autant
de force et de douceur que vous, je suis assuré que vous n'êtes
pas fâché contre moi, et que vous ne m'attribuez pas votre
infortune; vous n'en connaissez que trop les auteurs. Adieu,
tâchez de vous soumettre à la nécessité." Ses pleurs lui per-
mirent à peine d'achever, et il se retira dans un coin de la
prison, pour les répandre sans contrainte. „Adieu, lui répondit
Socrate, „je suivrai votre conseil;" et se tournant vers ses
amis: „Que cet homme a bon cœur!" leur dit-il: „pendant
que j'étais-ici, il venait quelquefois causer avec moi.... Voyez
comme il pleure---- Criton, il faut lui obéir; qu'on apporte
le poison, s'il est prêt; et s'il ne Test pas, qu'on le broie au
plus tôt."
Criton voulut lui remontrer que le soleil n'était pas encore
couché, que d'autres avaient eu la liberté de prolonger leur vie
de quelques heures. „Ils avaient leurs raisons," dit Socrate,
„et j'ai les miennes pour en agir autrement,"
Criton donna des ordres, et quand ils furent exécutés, un'
domestique apporta la coupe fatale. Socrate ayant demande ce
qu'il avait à faire: „Vous promener, après avoir pris la potion,"
répondit cet homme, „et vous coucher sur le dos quand vos
jambes commenceront à s'appesantir." Alors, sans changer de
visage, et, d'une main assurée, il prit la coupe, puis, après
20*