Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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295.
tier malsain. A les voir, on ne devinerait guère quel métier
font ces gens-là; ils sortent tous à de certaines heures du jour;
ils vivent; ils sont dédaigneux pour leurs voisins; ils ne ren-
trent à leur bouge que bien avant dans la nuit; ils étudient;
ils font des évolutions équestres sur des chaises dégarnies de
paille. Quand le maître de la famille sort, il emmène avec lui
tout son monde, jusqu'à son vieux père, jusqu'à sa mère in-
firme; le petit enfant qu'on sort du berceau n'est pas oublié.
Quelquefois même le caniche Azor et la pie Margot sont de la
partie. Famille bohème! Ce père de famille est comparse»)
au théâtre; toute sa vie il a figuré dans lea théâtres sans jamais
avoir la dignité d'un acteur, sans jamais songer à dire un mot
au parterre. Cet homme a subi, lui aussi, toutes les vicissitu-
des du drame. Quand il y avait des Eomains au théâtre, Do-
main en toge et en robe de pourpre, il a gagné un rhumatisme
au bras droit à force d'avoir les bras nus. Les Colins d'opéra-
comique ont aussi été funestes à sa jambe gauche, qui n'était
vêtue que d'une simple percaline, garnie d'une faveur rose ou
bleue; l'importation des Brigands de Schiller en France, ça a
été aussi une époque fatale de sa vie. Les brigands de théâtre
lui firent grand tort: un jour il eut la tête fracassée d'un coup
de sabre de bois; une autrefois il reçut un coup de feu dans
les yeux; puis vinrent les monstres, les dragons ailés, les diables,
le feu d'enfer; il fallut se barbouiller de rouge et de noir, se
mettre des serpents siir la tête, se précipiter, comme un autre
Curtius, à corps perdu dans le gouffre; puis la vérité du drame
envahissant toujours, on fit monter le comparse à cheval, on
le fit monter sur les toits, on l'exposa à se rouer les membres,
on le couvrit de plaies infâmes, on le stigmatisa, on donna le
knout au malheureux comparse; puis, comme à force de progrès
les théâtres furent déserts, on réduisit le prix du comparse,
on le força de se fournir de rouge, de blanc et de mollets,
toutes choses qui n'étaient pas à sa charge autrefois. Alors
il fallut avoir recours à d'autres moyens de subsistance: l'homme
comparse se multiplia de toutes les manières; il fit paraître
') Personnage muet qui ne sert qu'à figurer.