Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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le nombre et la couleur des chevaux; il a pris tous les soins
possibles de son équipage. Aussi, lorsqu'il est gravement étalé
sur les coussins élastiques, appuyé sur sa canne à pomme
d'ivoire, vous pouvez nous en croire, le Parisien n'a rien à
envier à son voisin, le ci-devant marquis, lequel, pour aller
en voiture, a des chevaux à acheter, une écurie à louer, du
foin et des valets à payer, sans compter qu'il est obligé d'aller
en fiacre le plus souvent.
Le Parisien est l'égal de quiconque vient habiter sa ville; il
partage ses fêtes, ses affections, son luxe; seulement, l'un est
malade dans un hôtel, l'autre est malade à l'hôpital, avec cette
différence toutefois en faveur du pauvre, que le médecin est le
même au palais du riche et à l'infirmerie. Seulement, entre le
palais et l'hôpital, M. Dupuytren lui-même n'hésite pas; c'est
toujours le Parisien, le Parisien de Paris, le malade de l'hôpital,
qui est visité le premier.
Et non-seulement le petit métier s'applique aux nécessités de
la vie et à ces besoins de luxe, qui sont encore une nécessité;
mais encore le petit métier s'inquiète des caprices les plus bi-
zarres, de ces caprices qu'on ne voit qu'au riche et au puis-
sant, que les riches seuls se permettent dans les autres pays,
et que le Parisien se permet dans le sien à tout propos. Par
exemple: Catherine veut écrire à Jean-Jean, qui est à Chartres;
Catherine ne sait pas écrire; pour quatre sous, Catherine trouve
un secrétaire, et enverra à Jean-Jean une lettre bien écrite,
bien dictée, bien sentimentale, sans aucune faute d'orthographe,
sur papier vélin parfumé, avec un cachet en cire et armoiries.
Le sergent-major, quand Jean-Jean recevra cette lettre, lui de-
mandera sérieusement si ce n'est pas madame de Sévigne qui
lui écrit? D'autre part, vous avez un oncle, membre de la
société Philotechnique: pour peu que votre oncle aime les vers,
pour quinze sous, en vous y prenant un jour à l'avance, vous
aurez une chanson à la Béranger, faite exprès pour la fête de
ce digne oncle, dans laquelle chanson sera son nom, lequel
nom rimera avec le vers suivant, si vous voulez ajouter cinq
sous de plus.
Toute une famille habite un rez-de-chaussée dans un quar-