Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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rien; il fait son repas dans la rue, il entre chez le marchand
de vin et il boit; c'est Diogène qui s'est lavé les mains avec
de la pâte d'amandes.
Le Parisien, qui vit à l'air, qui flâne, qui se chauffe au
soleil en été, qui se chauffe dans les galeries du Palais-Hoyal
en hiver, qui a des amusements pour toutes les heures, qui
est suivi à chaque pas qu'il fait par un troupeau d'esclaves
prêts à satisfaire ses désirs au moindre geste; le Parisien se
laisse être heureux autant quon veut le faire heureux. 11 est
dégagé de tous les soucis de la vie. On a inventé pour lui un
détail marchand qui ferait peur à tout autre peuple. Si le
Parisien le veut, on lui vend une aile de volaille, ou une
crosse de perdrix; le Parisien a ce qu'il veut. Parlez, riches
de la terre, qu'avez-vous donc qu'il n'ait pas, lui? Cet insou-
ciant flâneur est aussi beau que vous, et aussi bon; oui, il
est même plus heureux et plus riche que vous; il possède la
santé, un estomac complaisant et le contentement. Vous mettez
une robe de gaze, madame la duchesse; vous jetez une rose
dans vos cheveux; un frais ruban orne votre taille: demain
peut-être, Jenny la bouquetière, mettra votre robe de gaze;
elle jettera la fleur de vos cheveux dans ses cheveux.
Il en est ainsi pour tout ce qui se fait, se fabrique, s'in-
vente et s'importe à Paris. Tout ce travail, toutes ces recher-
ches, tout ce luxe, ^est pour le Parisien. On appelle Staub,
on lui commande un habit, on choisit l'étoffe soyeuse, ou in-
dique la couleur des boutons et la qualité de la doublure; on
a un gilet qui vient d'Angleterre, on porte des bottes de Sa-
koski; c'est à peine si votre chapeau pèse trois onces; allons,
dandy, mets-toi à la torture dans ton habit neuf, gêne tes
pieds dans tes bottes, étouffe-toi dans ton gilet: porte à la
main ton chapeau, de peur de déranger l'artifice de tes cheveux.
Huit jours après vient à passer le marchand d'habits; Vieux
îiabiis/ vieux galons! achetez des habits! vendez des habits! —
O Sakoski! ô Staub! Les bottes de Sakoski, bien qu'un peu larges,
passent aux pieds d'un marchand de contremarques; l'habit de
Staub est endossé par un figurant du Gymnase, à qui son théâtre
donne vingt sous par jour, à condition qu'il sera très-bien mis.