Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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284.
ialide et du critique de génie que nous envient l'Allemagne et
l'Angleterre, M. Burnouf, faisait le cours principal de littérature
ancienne. Un Italien de l'esprit le plus fin et helléniste d'un
goût exquis, M. l'abbé Mablini, ancien secrétaire du respectable
évêque de Casai, enseignait la philologie grecque; enfin, ce qui
importait beaucoup, un célèbre professeur de l'ancienne Uni-
versité, habile et sévère écrivain dans une difficile traduction,
d'un esprit peu étendu, mais singulièrement ferme et juste, M.
Guéroult, Conseiller à vie de l'Université Impériale, dirigeait
l'Ecole, et la voulait inflexiblement classique, sans distraction
et même sans diversité d'études, par la seule méditation de
l'antique et de l'excellent.
C'était là sans doute, en ce qui touche les lettres, dont je
m'occupe exclusivement ici, un plan d'études bien peu com-
pliqué et un choix de maîtres bien restreint. Toutefois, par
une sorte de privilège qui semble attaché aux premières années
des créations heureuses, de celles qui manquaient, qu'on a
longtemps attendues et dont la matière était prête, avant qu'on
essayât de la régler, ces commencements de l'École normale
comptèrent bien des noms qui ne sont pas encore oubliés, dans
nos jours de renouvellement rapide; et elle fonna dès lors
quelques-uns des premiers écrivains de notre époque, de ceux
dont le talent est aujourd'hui présent et incontesté. C'est à ce
temps, en effet, qu'appartiennent quelques-uns des hommes qui
firent tant d'honneur à cette Université de France, si ébranlée
maintenant. Quoique plusieurs des talents qui en sortirent alors
ne soient plus, et que la mort ait cruellement moissonné sur
la route, déjà longue, parcourue depuis la fondation de l'Ecole,
c'est de là que datent deux écrivains, dont les noms sont un
des grands titres de la littérature du dix-neuvième siècle, M.
Cousin, créateur dans la philosophie par la passion de l'élo-
quence du langage, esprit actif et étendu, qui a relevé du même
coup dans la science le spiritualisme et la méthode, l'enthou-
siasme du beau et l'érudition; M. Augustin Thierry, créateur
dans l'histoire moderne par la nouveauté des recherches et l'écla-
tante vérité du coloris,.peintre inimitable dans le récit épique,
tel que le comportent les mœurs barbares du moyen âge, seule