Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Vorige scan Volgende scanScanned page
Qu'es-tu, sinon la voix de l'innocence,
Le regard du pécheur élevé vers les cieux,
Le cri de la reconnaissance?
Ou le soupir du malheureux?
M. alexandre viNET, auteur d*une excellente Chrestomatlde française ^
était né dans une bourgade du canton de Vaud. Ï1 fit ses études à Lau-
sanne, et, jeune encore, il occupa la chaire de littérature dans TUni-
versité de Bale. Heureuse position pour un esprit tel que le sien; car,
placé sur la frontière des deux principales civilisations du continent, il
put emprunter à l'une et à l'autre ce qu'elles ont de meilleur, en y im-
primant le sceau de cette mâle indépendance qui s'acquiert comme d'instinct
dans la plus ancienne république de l'Europe. Il demanda la science à
l'Allemagne, la netteté du jugement et du langage à la France, le senti-
ment de la liberté à sa patrie, la foi qui épure, qui redresse tout, à
l'Évangile, et de ces éléments divers son génie éminemment individuel
composa un harmonieux ensemble, qu'il est plus facile de se représenter
que de peindre.
Comme littérateur, peu d'écrivains de notre époque l'ont égalé, et aucun
ne l'a surpassé, au moins dans les conditions essentielles du genre. Il
aimait à découvrir et à indiquer les beautés des œuvres littéraires plus
qu'à en montrer les défauts, et l'on a pu s*étonner des éloges par lesquels
il relevait quelquefois des écrits médiocres. M. Vinet louait chez les autres,
sans le savoir, les mérites qu'il leur avait communiqués.
Son style a été apprécié en ces termes par M. Sainte-Beuve, l'un des
juges les plus compétents que Ton puisse nommer en pareille matière;
«11 a une originalité qui reproduit et condence la Suisse française, et en
même temps il a une langue en général excellente, attique à sa manière,
et qui sent nos meillenres fleurs [Critiques et portraits littéraires^ t- V, p.
144—147).
Comme prédicateur, il a brisé les vieilles formes du sermon, et s'est
rapproché de l'auditeur du dix-neuvième siècle sans quitter d'un seul
pas le terrain du christianisme, ou plutôt en sauvegardant d'autant mieux
le principe d'unité dans l'Evangile, qu'il faisait de justes concessions
à celui de diversité. »11 y avait dans dans sa parole," dit un écrivain,
»quelque chose d'intime et de puissant qui n'était qu'à lui. . . Il essayait
d'abord de se contenir, mais le ton s'élevait bientôt; la parole devenait
plus rapide; la voix sonore et vibrante, jetait autour d'elle, par
tous ses accents, l'émotion dont elle était pleine, et le soin qu'il prenait
de s'effacer lui-même, de disparaître derrière les vérités qu'il annonçait,