Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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281.
personnes du plus haut rang, et jusqu'à des princes et des
princesses de sang royal, fréquentaient la maison de M™® de
Kambouiliet, la spirituelle marquise considérait encore plus le
mérite que la naissance ; elle ne demandait point de quartiers
de noblesse de ceux qui recherchaient sa société, et l'on était
parfaitement reçu chez elle dès qu'on y apportait de l'esprit et
du talent, accompagnés de bonnes manières. Les illustrations
les plus diverses s'y mêlaient et y vivaient fort bien ensemble.
Tout le monde gagnait à ce commerce; la noblesse s'y polissait,
y prenait le goût et le respect des choses de l'esprit, et les
gens de lettres sentaient s'élever leur intelligence avec leurs
mœurs.
Personne n'a plus connu l'illustre hôtel que Mi'i^ de Scudéry.
Elle le fréquenta de bonne heure; elle fut le témoin de son
plus grand éclat et aussi de sa décadence, quand la maîtresse
de la maison commença à ressentir les atteintes de la vieillesse,
quand ses deux filles i) dnrent suivre leurs maris en province,
et que le temps emporta ou dispersa toute la brillante com-
pagnie. Aussi la description qu'elle nous a donnée de ce sanc-
tuaire de la société policée au XVII® siècle, est-elle la plus
complète, la plus fidèle comme aussi la plus agréable qui soit
parvenue jusqu'à nous.
Catherine de Vivonne était fille unique; elle naquit à Eome
pendant l'ambassade de son père, en l'année 1588, et fut mariée
en 1600 à Charles d'Angennes, marquis de Eambouillet, per-
sonnage, à tous égards, très-considérable, qui avait été bien
avec le maréchal d'Ancre, et fut encore mieux avec le cardinal
de Richelieu, de beaucoup d'esprit, d'une assez grande fierté,
de peu d'ordre en ses affaires, et dépensant fort noblement sa
fortune. A la mort de son père, en 1611, il prit le titre et le
rang de marquis de Rambouillet. Mais dès 1606, l'hôtel qui
portait alors ce nom, et qui était la demeure de la famille,
avait été vendu; et c'est des mains du nouveau propriétaire
qu'en 1624 Richelieu l'acheta pour le démolir et bâtir sur son
emplacement le fameux Palais-Cardinal.
Jj Julie et Angelique d'Angennes.