Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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247.
anciens auteurs. A quatorze ans, Béranger (car, dès aujourd'hui, nous
ne pouvons pas plus dire M. de Béranger que M. de Voltaire), Béranger
entra dans l'atelier d'un imprimeur, chez lequel il prit les premières notions
d'orthographe et de langue. Il faisait même des vers avec son patron,
auquel il dit plus tard dans sa gracieuse chanson de Bonsoir:
»Dans l'art des vers, c'est toi qui fus mon maître;
Je t*efPaçai, sans te rendre jaloux."
En 1809, il obtint une place de commis expéditionnaire dans les bureaux
du ministère de l'instruction publique; il la perdit en IS21, après la pu*
blication de son second recueil de chansons. En 1830, ses amis arrivèrent
au pouvoir, et lui offrirent des places et des honneurs; Béranger refusa
tout. Il adresse lui-même ces mots à ses amis devenus ministres:
»Non, mes amis, non, je ne veux rien être,
Semez ailleurs, places, titres et croix..."
Tantôt il célèbre la gloire et les malheurs de sa patrie, les grandeurs
et les infortunes de la famille impériale, l'humanité, la liberté, l'égalité;
tantôt il chansonne la royauté des Bourbons, les nobles, les courtisans,
les jésuites, le clergé, les vieux usages. Le mérite de Béranger est d'avoir
été créateur dans un genre qu'on croyait usé. 11 sait introduire tous les
tons dans la chanson; il y donne accès aux plus douces effusions de l'âme
et aux plus fiers élans de la poésie lyrique. Son style est clair, pur,
élégant et précis. On regrette que la poésie de Béranger soit épicurienne
et sensuelle; on regrette surtout qu'un assez grand nombre de ses chansons
ne puissent être amnistiées par la morale; mais c'est là le revers de la
médaille et l'ombre du tableau. La mort de Béranger, arrivée le 17 juillet
1857, nous fera ajouter, que s'il est à regretter qu'il ait eu tant de cordes
à sa lyre, il faut l'excuser et admirer le bonheur avec lequel il sait les
toucher toutes.
Le Mal du pays
Vous m'avez dit: „à Paris, jeune pâtre,
Viens, suis-nous, cède à tes nobles penchants;
Notre or, nos soins, l'étude, le théâtre,
T'auront bientôt fait oublier les champs."
Je suis venu; mais voyez mon visage:
Sous tant de feu mon printemps s'est fané.
1) Nostalgie,