Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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Je vis à mon retour une ligue fatale.
Nos remparts menacés, nos bataillons surpris,
Et ce roi qui marchait à travers nos débris,
Ivre de sa grandeur et de sa renommée.
Traîner en conquérant les pompes d'une armée.
Nos citoyens troublés fuyaient de toutes parts.
Je leur dis: „Citoyens, nos mers sont nos remparts.
Contre ce fier Louis et ses puissantes ligues
Appelons l'Océan, osons percer nos digues;
Que l'Océan nous prête un asile nouveau ;
S'il n'est notre vengeur, qu'il soit notre tombeau!"
Je dis, et l'on me crut. La liberté, plus fière.
De nos champs inondés leva sa tête altière.
Le vainqueur, à son tour, fut vaincu sur les mers,
Et remporta chez lui l'esclavage et les fers i).
Ainsi, dans tous les temps, source de notre gloire,
La mer devint pour nous le champ de la victoire.
Sur ce même élément j'ai servi soixante ans;
Je servirais encor, si les glaces du temps
N'avaient appesanti ce corps faible et débile;
Mon bras à mon pays ne peut plus être utile;
Mais sa gloire du moins vit dans mon souvenir;
Des triomphes passés j'aime à m'entretenir.
Je ne vous verrai plus, climats heureux de l'Inde!
Eiche Batavia! Mosambique et Mélinde!
Et toi, Cap fortuné qui dans tes ports ouverts
M'accueillis si souvent au bout de l'univers!
Mais, pour charmer l'ennui de ma vieillesse oisive,
Souvent je viens encore errer sur cette rive;
J'y viens voir ces vaisseaux, ces mers qui m'ont porté.
Empire où ma jeunesse a longtemps habité."
1) Le poète, entraîné par sa verve, semble oublier ici que l'impartialité
est la vertu des grandes âmes, et la qualité des esprits justes.
2) Lû mot fortuné ne saurait être pris dans l'acception de riche; il
siguifîe heureux, oh Ton trouve le bonheur.
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