Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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220.
Bien plus'), j'ai cru la voir s'avancer jusqu'à moi 2);
Mais dans un appareil qui me glaçait d'effroi:
„Quoi! tu peux t'arrêter dans ce séjour funeste!
„Suis-moi," m'a-t-elle dit, „infortuné Thyeste."
Le spectre, à la lueur d'un triste et noir flambeau,
A ces mots m'a traîné jusque sur son tombeau.
J'ai frémi d'y trouver le redoutable Atrée,
Le geste menaçant et la vue égarée,
Plus terrible pour moi, dans ces cruels moments,
Que le tombeau, le spectre et ses gémissements.
J'ai cru voir le barbare entouré de furies;
Un glaive encore fumant armait ses mains impies;
Et, sans être attendri de ses cris douloureux,
Il semblait dans son sang plonger un malheureux.
^rope, à cet aspect, plaintive, désolée,
De ses lambeaux sanglants à mes yeux s'est voilée.
Alors j'ai fait pour fuir des efforts impuissants:
L'horreur a suspendu l'usage de mes sens.
A mille afi'reux objets l'âme entière livrée 3),
La frayeur m'a jeté sans force aux pieds d'Atrée.
Le cruel, d'une main semblait m'ouvrir le flanc.
Et de l'autre, à longs traits, m'abreuver de mon sang.
Le flambeau s'est éteint, l'ombre a percé la terre.
Et le songe a fini par un coup de tonnerre.
Notice
jean-ritANçois ducis, poètc tragique et litte'rateur, membre de T Aca-
démie, naquit à Versailles le 14 août 1733, et mourut à Paris le 30 jan-
vier 1810. Sa première tragédie, intitulée Amélise, n'eut qu'un faible
Expression peu poétique.
2) Ce vers, quoique moins beau, rappelle en quelque sorte celui du
songe d'Atbalie: «Son ombre vers mon lit a paru se baisser."
3) Inversion dure.
Abreuver, repaître, ruminer, et autres mots de cette nature, pris
au figuré, défigurent la prose et surtout la poésie; il faut les laisser aux
bestiaux qui boivent à l'abreuvoir ou s'y baignent, qui broutent et remâchent.