Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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198.
nouvelle, et devint une véritable création. Aussi Tapparition d*un triomphe
si éclatant, révéla le génie de Corneille; elle fut saluée d'un cri d'enthou-
siasme et d'admiration: la tragédie est trouvée, la voilà!
C'est dans Polymcie que Corneille a été le plus voisin de la perfection;
c'est là que son génie, avec une force égale, montre le plus de souplesse
et de naturel. La beauté de cette tragédie est dans le contraste harmonieux
de caractères opposés, et le pathétique y naît d'un double sacrifice héroïque.
Le dialogue y respire une précision et une force auxquelles Corneille n*avaifc
point encore atteint. Polyeucte olfre en outre un puissant intérêt, sa
quoique peu éclairée, qui prête un charme d'actualité à de beaux vers.
Cinna passe généralement pour le chef-d'œuvre de Corneille. Il est vrai
que rien ne surpasse le tableau de la conjuration, la grande scène où Auguste
délibère s'il doit renoncer à l'empire ou le conserver; enfin, le pardon
héroïque accordé aux conspirateurs. Mais ces beautés supérieures n'effacent
en rien les autres productions, surtout celles de la seconde époque de la
carrière dramatique de ce grand génie. Le sublime est dans l'âme de Cor-
neille, il parle à l'esprit; tandis que le pur et correct Racine parle au
cœur, et n'a point d'égal.
Sommaire.
Pauline, fille de Félix, gouverneur d'Arménie, a conçu l'amour le plus
vif pour Sévère, chevalier romain et favori de l'empereur Décie; mais le
peu de fortune de ce guerrier devient un obstacle à son hymen. Il part
pour l'armée, et, dans une bataille sanglante contre les Perses, tombe sur
le champ d'honneur. Vainement on le cherche parmi les morts, on ne peut
le reconnaître. Informée de cette triste nouvelle, Pauline mêle ses larmes
à celles de l'armée entière; mais bientôt elle quitte Rome pour suivre son
père à Mélitène. Polyeucte, seigneur arménien, épris des charmes de cette
jeune princesse, demande sa main. Félix, croyant par une telle alliance
augmenter son crédit, consent à l'hymen de sa fille, et l'amante inconsolable
de Sévère, passe dans les bras de Polyeucte.
Polyeucte, de la secte des gentils, était étroitement lié d'amitié avec
Néarque, seigneur arménien, qui suivait la religion chrétienne. Ce dernier
engage son ami à embrasser sa croyance, malgré un édit rigoureux que
l'empereur venait de faire publier contre les chrétiens, et que son beau-
père était chargé de mettre à exécution. Polyeucte, frappé des beautés,
de la sublimité de la religion chrétienne, cède au désir de Néarque, et
court au temple pour y recevoir le baptême. Pauline veut s'opposer à son
départ; il s'échappe de ses bras; et cette malheureuse épouse, cette amante
infortunée, raconte ainsi à son amie le songe qui l'effraie encore, et lui
fait craindre pour les jours de Polyeucte. Après que Félix a sacrifié
Polyeucte, sa femme Pauline s'écrie aussi, comme Zaïre: i>Je suis chrétienneV*