Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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Tout ce qu'ont pu jamais la valeur et l'adresse,
L'ardeur, la fermeté, la force, la souplesse.
Parut des deux côtés en ce choc éclatant:
Cent coups étaient portés et parés à l'instant.
Tantôt avec fureur l'un d'eux se précipite;
L'autre, d'un pas léger, se détourne et l'évite:
Tantôt, plus rapprochés, ils semblent se saisir;
Leur péril renaissant donne un affreux plaisir.
On se plaît à les voir s'observer et se craindre.
Avancer, s'arrêter, se mesurer, s'atteindre;
Le fer étincelant, avec art détourné.
Par de feints mouvements trompe l'oeil étonné.
Telle on voit du soleil la lumière éclatante
Briser ses traits de feu dans l'onde transparente.
Et, se rompant encor par des chemins divers.
De ce cristal mouvant repasser dans les airs.
Le spectateur, surpris et ne pouvant le croire,
Voyait à tout moment leur chute et leur victoire.
D'Aumale est plus ardent, plus fort, plus furieux;
Turenne est plus adroit, et moins impétueux;
Maître de tous ses sens, animé sans colère,
Il fatigue à l'oisir son terrible adversaire.
D'Aumale en vains efforts épuise sa vigueur:
Bientôt son bras lassé ne sert plus sa valeur.
Turenne, qui l'observe, aperçoit sa faiblesse;
Il se ranime alors, il le pousse, il le presse ;
Enfin, d'un coup mortel il lui perce le flanc.
D'Aumale est renversé dans les flots de son sang.
Il tombe, et de l'enfer tous les monstres frémirent;
Ces lugubres accents dans les airs s'entendirent:
„De la ligue à jamais le trône est renversé;
Tu l'emportes, Bourbon! notre règne est passé."
Tout le peuple y répond par un cri lamentable.
D'Aumale, sans vigueur, étendu sur le sable.
Menace encor Turenne, et le menace en vain ;
Sa redoutable épée échappe de sa main.
Il veut parler; sa voix expire dans sa bouche:
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