Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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192.
étaient dans ce temps-là encore à la mode. Il s'en fit un célèbre derrière
les Chartreux, entre le sieur de Marivaux, qui tenait pour les royalistes,
et le sieur Claude de Marolles, qui tenait pour les ligueurs. Ils se bat-
tirent en présence du peuple et de Tarrnée, le jour même de l'assassinat
de Henri III (1589); mais ce fut MaroUcs qui fut vainqueur.
La narration du combat de Turenne et d'Aumale est un des beaux
passages de la Henriade.
Combat de Turenne et d'Aumale.
(Chant X de la Henriade).
Paris, le roi, l'armée, et l'enfer et les cieux.
Sur ce combat illustre avaient fixé les yeux.
Bientôt les deux guerriers entrent dans la carrière.
Henri du champ d'honneur leur ouvre la barrière.
Leur bras n'est point chargé du poids d'un bouclier;
Ils ne se cachent point sous ces bustes d'acier,
Des anciens chevaliers ornement honorable.
Eclatant à la vue, aux coups impénétrable;
Ils négligent tous deux cet appareil qui rend
Et le combat plus long, et le danger moins grand,
Leur arme est une épée; et, sans autre défense,
Exposé tout entier, l'un et l'autre s'avance.
„0 Dieu!" cria Turenne, „arbitre de mon roi,
Descends, juge sa cause, et combats avec moi:
Le courage n'est rien sans ta main protectrice;
J'attends peu de moi-mcme, et tout de ta justice."
D'Aumale répondit: „J'attends tout de mon bras;
C'est de nous que dépend le destin des combats;
En vain Thomme timide implore un dieu suprême;
Tranquille au haut du ciel, il nous laisse à nous-même:
Le parti le plus juste est celui du vainqueur,
Et le Dieu de la guerre est la seule valeur."
Il dit, et, d'un regard enflammé d'arrogance,
H voit de son rival la modeste assurance.
Mais la trompette sonne. Ils s'élancent tous deux;
Ils commencent enfin ce combat dangereux.