Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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il; officiers de tout grade et de toute nation qui étaient venus en
grand nombre, dès la première année, visiter le champ de ba-
i taille. Il s'est ainsi formé peu à peu, dans le village, une
l'I espèce de récit traditionnel très-circonstancié, et, je dois le
li dire, à mon avis parfaitement exact.
I En m'indiquant les endroits oii l'on avait entassé les morts
il dans cette plaine baignée de sang, il m'assura qu'ils se recon-
|;i naissaient encore facilement à Tœil, chaque printemps, par
•K l'abondance du blé qui en sort; c'est là surtout, ajouta-t-il,
;. au temps de la moisson, que les épis viennent beaucoup plus
;! beaux. Au reste, il nous arrive encore de retrouver, en labou-
rant, des débris d'armes, des insignes de métal, et surtout des
i j ossements de tant de milliers d'hommes.
I Je m'assis et je regardai, car le champ de bataille de Wa-
j terloo était tout entier devant moi. 11 a l'avantage sur beau-
coup d'autres, d'etre peu étendu et parfaitement clair et distinct.
|f( Sa longueur est à peine d'une demi-lieue; il n'y a pas même
i)J cette distance du château d'Hougoumont à la Haie-Sainte i),
t qui en sont les points extrêmes. Deux collines le composent:
. la colline anglaise, sur laquelle j'étais assis, et qui replie légè-
rement ses ailes en arrière; vis-à-vis, à deux ou trois cents
toises au plus, la colline/rawçawe, qui suit le même mouve-
ment que sa rivale, et décrit une courbe alentour; elles ne se
trouvent ainsi séparées que par un ravin assez profond, et à
pentes douces et faciles. Dans tout cet espace, il n'y a ni
habitations, ni bois, ni rien qui varie; ce n'est qu'un vaste
champ, que le soc de la charrue parcourt sans le changer ja-
mais. Ajoutez que ce champ de bataille, déjà si rétréci, est
partagé en deux parties égales par la grande route de Bruxel-
les; en sorte que ie soldat qui se trouvait à droite ou à gauche
des gaérets de Mont-Saint-Jean, peut, pour ainsi dire, mettre
le doigt sur la place même où il a combattu * ). En effet, je
1) Le chemin de la Uaie-Sainte offre une ligne d'arbustes noueux d'où
il tire son nom. Sa ferme, qui est encore debout, paisible et silencieuse,
fut le the'âtre d'une mêlée sanglante où le général Ney se signala.
2) Xon loin des débris de la métairie d'Ougoumont, s'élève le monticule
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