Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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sation avec ses maîtres et ses camarades. Il y avait près-1
que toujours de Taigreur dans ses propos. Il était fort peu ;
aimant; il ne faut, je pense, l'attribuer qu'aux malheurs qu'a-,
vait éprouvés sa famille à l'époque de sa naissance, et aux j
impressions qu'avait faites sur ses premières années la conquête ;
de son pays. j
Les élèves étaient invités tour à tour à la table du père
Berton, principal de l'école. Le tour de Bonaparte étant venu,
des professeurs, qui le savaient admirateur de Paoli*), affec-
tèrent d'en mal parler. „Paoli," répliqua Bonaparte, „était un
grand homme. Il aimait son pays, et jamais je ne pardonnerai
à mon père, qui a été son adjudant, d'avoir concouru à la
réunion de la Corse à la France. Il aurait dii suivre sa for-
tune et succomber avec lui."
Bonaparte était en général peu aimé de ses camarades...
Il les fréquentait peu et participait rarement à leurs jeux. La sou-
mission de sa patrie à la France, ramenait toujours dans sa
jeune âme un sentiment pénible qui l'éloignait des bruyants
exercices de ses camarades. J'étais presque toujours avec lui.
Dès qu'arrivait le moment de la récréation, il courait à la
bibliothèque, où il lisait avec avidité les livres d'histoire, sur-
tout Polybe et Plutarque. Je le laissais souvent seul à la biblio-
thèque pour aller jouer avec mes camarades.
Le caractère du jeune Corse était encore aigri par les mo-t
queries des élèves, qui le plaisantaient souvent et sur sonj
prénom, Napoléon, et sur son pays 2). Il me dit plusieurs fois
avec humeur: „Je ferai à tes Français tout le mal que je pourrai."
Et lorsque je cherchais à le calmer: „Mais toi, disait-il, tu ne|
te moques jamais de moi, tu m'aimes." !
Notre professeur de mathématiques, le père Patrault, homme[
assez ordinaire, aimait beaucoup Bonaparte. 11 en faisait grand
1) Les Anglais, à l'aide du célèbre Paoli, se rendirent maîtres de l'île
de Corse en 1794, mais ils furent contraints de l'évacuer deux aus après.
Depuis cette époque elle a constamment appartenu à la France.
2) Son nom, que son accent corse lui faisait prononcer à peu prèsNa-j
poilloné, lui valut le sobriquet de la paille, au nez. '