Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Vorige scan Volgende scanScanned page
130.
de son ennemi, le puissant roi des Garamantes Pentapolin
au bras retroussé, ainsi nommé parce que, dans les batailles,
on le voit toujours le bras nu." — „Oui," dit Sancho, „mais
pourquoi ces messieurs s'en veulent-ils?" —■ „Par la raison,"
repartit Don Quichotte, „que cet Alifanfaron, qui est païen,
est devenu amoureux de la fille de Pentapolin, qui est jeune,
belle et chrétienne. Tu sens bien que Pentapolin ne veut pas
donner sa fille à un roi mahométan, et quMl exige que Alifan-
faron commence par se faire baptiser." — „Par ma barbe! il a
raison, Pentapolin; et je Paiderai tant que je pourrai." —■ „Tu
feras ton devoir, Sancho: je te préviens, que, pour combattre
en bataille rangée, il n*est point du tout nécessaire d'avoir été
armé chevalier."— „C'est bon, je suis pour Pentapolin. Tout
ce qui m'inquiète, c'est mon âne. Je ne peux guère aller me
fourrer avec lui parmi tant de cavalerie, et je voudrais le mettre
dans un endroit où je sois sûr de le retrouver quand la chose
sera finie." — „Ne t'en embarrasse point, mon ami; qu'il se
perde ou non, peu importe; nous aurons après la victoire tant
de chevaux à choisir, que Kossinante lui-même court de grands
risques d'être échangé^). Mais je veux te faire connaître les
principaux chevaliers qui font la force de ces deux armées.
Viens les voir avec moi sur cette colline."
Tous deux gagnèrent alors une petite hauteur d'où ils auraient
fort bien distingué les troupeaux, sans la poussière qui les leur
dérobait. Là Don Quichotte, voyant ce que lui peignait son
imagination, commença ce beau discours, en indiquant avec la
main tous les objets qu'il montrait à Sancho:
„Ce chevalier," dit-il, „que tu vois avec une armure d'or,
et qui porte sur son bouclier un lion couché près d'une bergère,
c'est le valeureux Laurcalque, seigneur et prince du Pont d'ar-
gent. Celui-là dont l'écu est bleu avec ces trois couronnes
blanches, c'est le redoutable Micocolembo, duc de la grande
ï) Peuples de la Lybie, qui occupaient le pays au sud des Nasaraoues
et des Psylles.
2) Comme nom du cheval de don Quichotte, jfîossïnnn/e est du masculin ;
mais pour désigner une haridelle, ce mot se prend toujours au féminin.