Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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118.
Sans doute en l'écoutant tu rêvais ta patrie,
Et des vallons natals l'agreste majesté;
Sans doute il murmurait à ton âme attendrie:
Liberté! liberté!
jean-pierre-claris, chevalier de flortan, naquît le 6 mars 1755, au
château de Florian, dans les Basses-Cévennes, A quinze ans, il fut reçu
parmi les pages du duc de Penthièvre, qui lui donna plus tard une lieu-
tenance, puis une compagnie dans son re'giment de dragons. Florian quitta
bientôt les armes, et revint auprès de son protecteur en qualité' de gentil-
homme ordinaire. Le vertueux duc de Penthièvre le chargeait de distribuer
aux pauvres ses nombreuses aumônes. Pendant la révolution, Florian fut
incarcéré comme suapect, à cause de son nom. Mis en liberté après le
9 thermidor (28 juillet 1794), il ne put résister à la cruelle impression
que la prison avait faite sur lui. 11 mourut à Sceaux-Penthièvre (Seine),
le 13 septembre 1794. Les meilleurs titres littéraires de Florian sont ses
Fables, qui se rapprochent le plus de celles de La Fontaine. II a encore
laissé quelques petits poèmes: Ruth et Noenii, Tobie, etc., des pièces
de théâtre, aujourd'hui peu lues; des nouvelles pastorales et des romans,
parmi lesquels on distingue sou Numa Pompilius. Il traduisit de
l'Espagnol Don Quixote, ainsi que plusieurs autres ouvrages qu'il se plai-
sait à reproduire ou à imiter. L'Académie française l'admit au nombre de
ses membres en 1788, après avoir adjugé le prix de poésie à deux de ses
pièces, l'une sous le titre de Voltaire et le serf du mont ./ura, l'autre sous
celui de Booz et Ruih. Ses ouvrages en général dénotent un caractère
généreux, et respirent cette sensibilité qui fait tout son génie. Ses ro-
mances sont pleines de délicatesse et de grâces, quelquefois plus spirituel--!
les que naïves, mais toujours remplies de mélancolie et de douceur î).
La prose de Florian est monotone à force d'être trop poétique; c'est un
de ces défauts dont de nos jours on fait un si grand abus, au lieu d'ex
primer d'une manière naturelle des pensées simples et justes. Digne d<
pouvaient entendre répéter l'air patriotique du Rnm des vaches (rappe
des troupeaux), sans éprouver un désir invincible de revoir leur patrie^
les uns désertaient, les autres mouraient de langueur. Il était défendiî
de jouer sous peine de mort cet air, qui leur rappelait la patrie absente^
ï) Celles qu'on trouve dans Estelle sont fort agréables, et plusieurs
compositeurs habiles se sont empressés de les mettre en musique.