Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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110.
son education à cet égard. Néanmoins il imite aussi le ton
grave d'une voix adulte; mais cette imitation semble pénible,
et les paroles qu'il prononce de cette voix sont moins distinctes.
„Non-seulement cet oiseau a la facilité d'imiter la voix de
rhonime, il semble encore en avoir le désir; il le manifeste par
son attention à écouter, par l'effort qu'il fait pour répéter; et
cet effort se réitère à chaque instant, car il gazouille sans cesse
quelques-unes des syllabes qu'il vient d'entendre, et il cherche
à prendre le dessus de toutes les voix qui frappent son oreille,
en faisant éclater la sienne. Souvent on est étonné de l'entendre
répéter des mots ou des sons que l'on n'avait pas pris la peine
de lui apprendre, et qu'on ne le soupçonnait pas même d'avoir
écoutés. Il semble se faire des tâches et chercher à retenir sa
leçon chaque jour: il en est occupé jusque dans le sommeil; il
jase encore en rêvant. C'est surtout dans ses premières années
qu'il montre cette facilité, qu'il a plus de mémoire, et qu'on le
trouve plus intelligent et plus docile. Quelquefois cette faculté
de mémoire cultivée de bonne heure, devient étonnante; mais
plus âgé il se montre rebelle, et n'apprend qu'avec peine.
„L'espèce de société que le perroquet contracte avec nous
par le langage, est plus étroite et plus douce que celle à la-
quelle le singe peut prétendre par son imitation capricieuse de nos
mouvements et de nos gestes. Si celle du chien, du cheval ou
de l'éléphant est plus intéressante par le sentiment et par l'uti-
lité, la société de l'oiseau parleur est quelquefois plus atta-
chante par l'agrément; il récrée, il distrait, il amuse; dans la
solitude, c'est une compagnie; dans la conversation, il est in-
terlocuteur; il répond, il appelle, il accueille il jette l'éclat
des ris, il exprime l'accent de l'affection, il joue la gravité de
la sentence; ses petits mots tombés au hasard égaient par les
disparates, ou quelquefois surprennent par la justesse. Ce jeu
d'un langage sans idée a je ne sais quoi de bizarre et de gro-
tesque, et, sans être plus vide que tant d'autres propos, il est
toujours plus amusant. Avec cette imitation de nos paroles, le 1
perroquet semble prendre quelque chose de nos inclinations et
Ij Souvent même il courbe la tête pour être caressé.
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