Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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responsable de ce dépôt, avec charge de compter des intérêts
aux fondés de pouvoir des héritiers, considérés comme mineurs.
On devine qu'un grand changement s'opéra dans le train de
maison de ces derniers. Leurs tuteurs eurent une voiture et
un hôtel; ils donnèrent en leur nom des dîners parfaitement
servis et des bals du meilleur goût. Quant aux ours person-
nellement, leur gardien prit le titre de valet de chambre (?),
et ne les battit plus qu'avec un jonc à pomme d'or (!).
„Malheureusement rien n'est stable daiis les choses humaines.
Quelques générations d'ours avaient joui à peine de ce bien-
être inconnu jusqu'alors à leur espèce, quand la révolution fran-
çaise éclata. Après la prise de Berne (1798) par les généraux
Brune et Schauenburg, onze mulets chargés d'or prirent la route
de Paris; deux d'entre eux portaient la fortune des malheureux
ours, qui, tout modérés qu'ils étaient dans leurs opinions, se
trouvaient compris sur la liste des aristocrates et traités en
conséquence
„Un grand exemple de philosophie fut alors donné aux hom-
mes par ces animaux. Ils se montrèrent aussi dignes dans le
malheur qu'ils s'étaient montrés humbles dans la prospérité, et
ijils traversèrent, respectés de tous les partis, les cinq années de
-Irévolution qui agitèrent la Suisse depuis 1798 jusqu'en 1803.
„Mais à peine Berne fut-elle tranquille, qu'elle s'empressa
de justifier sa devise sublime: Un pour tous, tous pour un. Une
iisouscription ouverte en faveur des ours produisit 60,000 francs.
^Avec cette somme, si modique en comparaison de celle qu'ils
lavaient possédée, le Conseil de la ville acheta un lot de terre
iqui rapportait 2,000 livres de rente. Jusqu'à cette époque, les
fours avaient été logés dans l'intérieur de la ville. La construc-
;'tion des deux fosses qu'ils habitent aujourd'hui est venue réduire
M. ALEX. DUMAS oubUe d'apprendre à ses lecteurs que les ours eux-
lêmes furent faits prisonniers de guerre, et conduits à Paris au Jardin
les Plantes, où l'un d'eux, le célèbre Martin, descendant en ligne directe
id'un couple de ces animaux, donnés à Berne au XV® siècle, par René,
, duc de Lorraine, devint bientôt le favori de touô les habitants de la
i.oapitale.
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