Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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j racines. Deux bâtons légers, mais noueux, destinés à nous dé-
fendre en cas d'attaque, contre Iqs loups et les serpents, com-
plétaient ce formidable appareil de guerre. Je puis vous assurer
que cela était terrible à voir.. . .
Notre journée d'investigations commençait régulièrement à
midi, après le repas du matin, et durait jusqu'à la nuit; car
nous étions d'intrépides marcheurs. Nous allions et nous reve-
nions en courant; moi, questionnant sur tout ce qui se ren-
contrait; lui, répondant toujours et à tout par des solutions
claires, ingénieuses et faciles à retenir. Il n'y avait pas un fait
naturel qui ne fournît matière à une leçon, pas une leçon qui
ne fît sur moi l'effet d'un plaisir nouveau et inattendu.^ C'était
un cours d'études encyclopédiques mis en action, et je suis
sûr maintenant que tout autre que moi en aurait tiré grand
profit; mais mon imagination était trop mobile pour n'être pas
oublieuse. Arrivés aux champs et aux forêts, nous entrions en
chasse, et, comme mes collections se commençaient à peine,
chaque pas me procurait une découverte; je marchais en pays
conquis.
Les jours de pluie ou de neige, car en 1794, il y eut dans
nos montagnes de la neige à la fin de mai, nous passions le
temps à régler la disposition du riche mobilier dont je viens
de dresser l'inventaire, ou bien nous lisions alternativement; et,
dans nos leçons, comme dans nos promenades, chaque fait
avait son instruction. Chaque heure avait aussi son emploi;
jet rien n'est plus propre à enlever au travail sa physionomie
(sévère que la variété des études Les mathématiques nous
l|délassaient de la chimie, et les beaux-arts des sciences.
dieu tout-puissant! que vous ai-je fait pour ne pas me rendre,
u prix de ce qui me reste de vie, une de ces minutes de
mon enfance! Hélas! tout homme qui a éprouvé comme moi
'illusion du premier bonheur et des premières espérances, a subi
){le châtiment du premier coupable. Nous aussi, nous avons
erdu un paradis!..,
I) Voir Touvrage de M. Marc-Antoine Jullien (1775 — 1848), dit de
'aris, sur VEmploi du temps.