Boekgegevens
Titel: Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: C. van der Post jr, 1862
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: IWO 678 D 63
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_205535
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Trefwoord: Frans, Leermiddelen (vorm), Proza (teksten), Gedichten (teksten)
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   Exercices de mémoire, de lectures et de déclamation: ou Mélanges, en prose et en vers ...
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cription avec un sentiment si vif et si présent des localités,
que j'en reconnaîtrais tous les détails à tâtons, si j'y étais trans-
porté de nuit par la baguette d'une bonne fée, quoiqu'il y ait
aujourd'hui, 13 octobre 1831, trente-sept ans, jour pour jour,
que j'y ai laissé à peu de chose près la petite part de bonheur
qui devait m'échoir sur la terre. Celle-là portait nos ustensi-
les de travail et nos observations journalières: les presses, les
pinces, les scalpels, les ciseaux, les poinçons, les loupes, les
lentilles, les microscopes, les étoupes, les yeux d'émail, le fil
de fer, les épingles, les goupilles, le papier gris, les acides,
le camphre surtout, et les briquets, pièces indispensables, s'il
en fût jamais, d'un équipage de naturaliste; c'est là qu'on ana-
lysait, qu'on disséquait, qu'on empaillait les animaux; c'est là
que l'on comptait les articles du torse ou les parties de la
bouche d'un insecte imperceptible à l'œil nu, les étamines ou
les divisions du stigmate d'un végétal nain de l'empire de Flore;
c'est là qu'après les avoir desséchées, on étendait les plantes
avec une minutieuse précaution sur les blancs feuillets où elles
devaient revivre pour la science, et qu'on assujettissait leurs
pédoncules et leurs rameaux sous de légères bandelettes fixées
à la gomme arabique, en prenant garde de faire valoir leurs
parties les mieux caractérisées, et de ne pas altérer leur port
et leur physionomie; c'est là, en un mot, qu'était le modeste
laboratoire où venaient se révéler l'un après l'autre tous les
secrets de la nature.
Sur la paroi du fond, car je suis bien décidé à ne vous
faire grâce d'aucun détail, était la couchette dont je vous ai
parlé, flanquée de nos deux fauteuils de cérémonie, terminée
au pied par le mobilier exigu d'une toilette philosophique, et
appuyée sur l'arsenal de nos grandes expéditions: freluches de
toutes les dimensions, de toutes les formes et de toutes les
couheurs, outils à fouir, outils à saper, brindestoos pour fran-
chir les fossés, gaules à frapper les ramées. Il n'y manquait^
qu'un fusil; mais c'était une arme interdite aux naturalistes sus-|'
pects, et les nôtres n'inspiraient déjà que trop de défiance'
dans les mains d'un philosophe et d'un enfant. Dessous gisaient i
le marteau à rompre le roc, et la pointe à déchausser les