Boekgegevens
Titel: Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
Auteur: Ent, A. van der
Uitgave: Culemborg: Blom & Olivierse, 1888
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 3589
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202654
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Nederlands, Woordenboeken (vorm)
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   Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
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du lat. trahem, poutre, est proprement l'ensemble de poutres, des-
tiné à contenir les chevaux vicieux. Du sens concret de machine
qui sert de prison, de contrainte, ce mot a passé au sens abstrait
de contrainte, puis de tourment, d'effort, de peine; d'où le verbe
travailler, qui signifie proprement: se tourmenter, se donner de la
peine pour atteindre un but, s'efforcer. Travail, ouvrage, est le
subst. verb, de travailler, et signifie donc proprement, peine, fati-
gue. Il y a donc entre les deux sens de travail un rapport intime
qiii ne se découvre et ne s'explique que par l'étymologie.
trébucher, struikelen, anciennement treshucher, comp, de trans,
tra , tras , très , et de l'anc. franç. hue, tronc humain , torse ; de
sorte que tréhiieher signifie proprement: faire dévier le corps de sa
direction naturelle, ne pas garder l'équilibre en marchant, renverser
le torse, tomber à la renverse. Ce qui confirme cette étymologie ,
c'est que l'italien transhustare, renverser, est composé de même
du préf. lat. trans et du mot it. tronc du corps humain, buste;
trèfle, KLAVER, du lat. trifolium, de tns, trois, et folium, feuille,
plante dont les feuilles sont attachées trois à trois h un même pédoncule,
trépas, overlijdek, dood, anc. franç., trespas, d'après Littré
du lat. trans , tra , tras, très, au delà, et pas , pour passage.
Trespas, trépas signifie donc proprement : passage , et figurément,
passage de la vie à la mort. De ce subst. est formé le verbe tré-
passer , overlijden. Brächet, au contraire, tire le subst. trépas du
verbe trépasser, qui, d'après lui, dérive du lat. irans/jassare, passer
au delà , de trans, au delà , et passare , passer ; d'où l'acception
de : quitter la vie, mourir ; ce qui, quant au sens de ces mots ,
revient au même.
très, zeer, du lat. trans, au delà de, par-dessus ; d'où le sens pos-
térieur de très.
tribulation, kwelling , eampspoed, du lat. trihulare, tourmenter;
proprement presser avec la herse (voir harceler), de tribulum,
sorte de herse pour battre le blé, fléau. Donc, tribulation signifie
tourment, affliction, adversité,
trivial,
GEMEEN, du lat. trivium, carrefour, de tri, trois, et
' )
plat ,
via, voie. Ce qui est trivial est bas, commun, comme ce qui
court les rues, les carrefours. — Citons ce qu'en dit Trench dans
son „Study of Words." .„Trivial is a word borrowed from
life. Mark three or four persons standing idly at the point where
one street bisects at right angles another, and discussing there the
idle nothings of the day ; there you have the living explanation of
trivial, trivialities, such as no explanation not rooting itself in
the etymology would ever give you, or enable you to give to
others. You have there the très viae, the trivium ; and trivialities
properly mean such talk as is holden by those idle loiterers that
gather at this meeting of three roads." Cependant il ajoute dans