Boekgegevens
Titel: Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
Auteur: Ent, A. van der
Uitgave: Culemborg: Blom & Olivierse, 1888
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 3589
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202654
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Nederlands, Woordenboeken (vorm)
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   Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
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dessous un voile, dévoiler; d'où le sens de: faire savoir ce qui était
inconnu et secret.
révérer, vereeren, du lat. revereri, comp. du préf. re, sens ampliatif
et vereri, craindre. Donc, proprement: craindre fort; d'où ensuite
le sens actuel de : honorer avec un sentiment de crainte respectueuse.
révolter(se), opstaan , oproerig worden , de l'italien nVoZtore,
retourner, du préf. rétroactif Wou r« et tour. Proprement: faire
volte, tourner la face contre ; d'où le sens de : se soulever contre l'auto-
rité établie.
rez, gelijk met, dicht bu, ' du lat. rasus, ras. Rez signifie donc
proprement au ras de, à fleur de. Par ex. rez de chaussée désigne
la partie de la maison qui est de niveau avec la route, la chaussée.
(Voir Taalstudie, Vll^e année, page 275.)
rideau, gordijn , anc. franç ridel, du verbe rider, plisser, rimpelen,
Ridel =■ rideau est proprement un dim. de ride, et a pris le sens
d'étoffe ridée, plissée, suspendue pour entourer, pour cacher q. ch.
rien, iets, niets, du lat. rem, chose, iîïe» signifie donc proprement :
quelque chose, et, avec la négation ne: nulle chose. A l'origine les
locutions adverbiales négatives pas, mie, goutte, point, rien, étaient
des substantifs, et furent employées d'une manière sensible, c.-à.-d.
placées dans une comparaison, où ils avaient une valeur propre.
Par ex. Je ne marche pas, je ne mange mie, je ne bois point,
je ne vois goutte, je ne donne rien.
rival, mededinger, du lat. rica^îs, proprement riverain. Les riverains,
c.-à-d. ceux qui demeurent aux rives de la même rivière, donc,
ceux qui avaient anciennement droit à l'eau du même ruisseau
(rivus) pour arroser leurs terres, étaient souvent en dispute sur le
temps d'ouvrir ou de fermer les écluses, etc. De là le mot rival
est devenu synonyme de concurrent.
robe, rok, japon, kleed, du lat. rauha, dépouilles, produit du pillage;
subst. verb, de raubare, dépouiller, enlever par vol. (Comp. le
verbe franç. dérober, — voir ce mot, — l'allem. rauben, l'angl. to
rob, l'ital. derubaré, le holl. rooven.) Du sens de dépouilles, la
transition au sens actuel de vêtement a eu lieu par la série d'acceptions
suivante : dépouilles, objets de valeur , marchandises, effets, vêtement,
robuste, sterk, du lat. robur, qui signifie chêne, et par extension
force; le chêne étant appelé le roi des forêts, et par là considéré
comme le symbole de la force. Eobuste signifie donc: fort comme
un chêne, vigoureux, capable de supporter la fatigue, la peine,
roué, losbol, lichtmis, du verbe rouer dans le sens de: infliger le
supplice de la roue (radbraken). Ce nom fut donné sous la Eégence
à des hommes sans moeurs, compagnons des désordres du duc
d'Orléans (régent après la mort de Louis XIV), parce qu'ils étaient
dignes de figurer sur la roue, d'être roués. D'après le duc de Saint-
Simon c'était le Kégent lui-même qui, le premier, dénomma ainsi