Boekgegevens
Titel: Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
Auteur: Ent, A. van der
Uitgave: Culemborg: Blom & Olivierse, 1888
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 3589
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202654
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Nederlands, Woordenboeken (vorm)
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   Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
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ture pour transmettre à la postérité le souvenir de quelque person-
nage illustre ou de quelque événement mémorable,
morbleu, drommels , euphémisme (verzachtende uitdrukking) de
prononciation pour mordieu mort Dieu, c.-à-d. par la mort de
Dieu. Il en est de même de parhleu = par Dieu, corbleu = corps
(de) Dieu, palsambleu — par le sang de Dieu,
mordoré, hooöeood, anciennement more doré, ou doré en more =
doré noir. Comp, de doré (dérivé de or) et more (lat. maurus) noir,
mouiller, bevochtigen, doorweeken , du bas-lat. molUare, de mollis,
mol, mou. Proprement: rendre mou; d'où ensuite: rendre mou
par l'humidité, rendre humide, tremper. Mouiller le vin =: water
bij den wijn doen, den wijn aanlengen.
mousse, scheepsjongen, de l'ital. mozzo, qui signifie proprement:
jeune garçon; d'où le sens particulier de jeune garçon qui fait son
apprentissage "du métier de la mer.
Nager, zwemmen, dérivé du lat. navigare, dont on a formé aussi
naviguer, varen. Navigare est dérivé de navis, nef, navire, et du
suffixe igare, formé Magere, conduire. Naviguer signifie donc pro-
prement: conduire le navire. Quant à nager, il est certain qu'un
des sens primitifs de ce verbe est naviguer. Or, du sens d'un
vaisseau qui navigue, flotte sur l'eau, à celui d'un homme qui
nage, la transition est facile.
naguère, onlangs, ou naguères, en vieux français n'aguères; donc,
c'est un composé de ne, avoir et guères, qui à l'origine signifiait
beaucoup. Je l'ai vu naguère signifie donc: je l'ai vu il n'y a guère
de temps, il n'y a pas longtemps, il y a peu de temps. En vieux
franç. le verbe était naturellement variable: on disait au 12esiècle:
La ville était assiégée, n'avait guères, quand elle se rendit, c.-à-d.
Il n'y avait pas longtemps que la ville était assiégée, quand elle
se rendit. (Voir guère.)
naïf, natuuelijk, 0ngeküksteld, eenv0udig, du lat. îiativus, (de natus,
né) natif. En effet, naïf signifiait originairement natif, qui est
son doublet (Voir Brächet, Diet, des Doublets). Naïf, la forme
ancienne, a pris au moyen âge, en droit féodal, le sens d'homme
né sur le sol, de serf né sur la terre du seigneur, et depuis ce
temps natif est usité dans le sens qu'il a encore aujourd'hui.
Naïf, au contraire, du sens de serf, de paysan, prend celui de
grossier, d'imbécile, de niais, de stupide, et passe enfin au sens
actuel de naturel, ingénu, sans artifice.
narguer, braveeren, tarten, du lat. naricus, qui fronce le nez, de
naris, narine. Narguer signifie donc: froncer le nez (den neus
voor iets of iemand optrekken) de là: défier.
narquois, listig, spotachtio. Ce mot devrait être écrit narguois,
étant dérivé du verbe narguer (voir ce mot). Il signifie donc pro-
prement : qui défie; d'où ensuite: qui se plaît à tromper et à railler.