Boekgegevens
Titel: Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
Auteur: Ent, A. van der
Uitgave: Culemborg: Blom & Olivierse, 1888
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 3589
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202654
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Nederlands, Woordenboeken (vorm)
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   Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
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sublime. „Nous appelons magnanime celui dont l'âme naturellement
élevée, n'est jamais éblouie par la prospérité, ni abattue par les
revers". Barthélémy, Anacharsis.
maintenant, nu, (manu tenendi) — tenant en la main. Il signifie
donc proprement: en tenant en main, pendant qu'on tient en main,
la main tenant encore l'objet.
mais, MAAE, du lat. magis, qui signifie pZws, davantage. Le sens
de plus est encore visible dans la locution : n'en pouvoir mais ~
n'en pouvoir plus, et dans les adverbes jamaw et désormais. Par
extension du sens de plus il a pris celui de: oui, certes, p. ex.
Elle fut reçue très bien, mais très bien. Dans le sens de plus et
de oui, mais est adverbe. Employé comme conj. il sert à marquer
opposition, restriction, différence, parce que le sens fondamental de
plus qui y est, met en regard deux propositions, et les lie entre
elles, soit en passant de la plus faible à une autre plus forte, soit
par différence ou opposition. P. ex. D'autre sang, mais plus vil, ex-
piera l'attentat. Il est ricbe, mais avare. (Voir désormais et jamais),
maison, huis , du lat. mansionem, qui est dérivé de manere, rester,
demeurer. Donc, mot à mot, lieu où l'on reste, réside. (Comp. le
franç. manoir et l'angl. mansion qui ont la même origine et à peu
près la même signification )
malade, ziek, au 10e siècle malahde, de la combinaison lat. maie
aptus, comp. de maie, mal, et aptus, apte, disposé. Proprement:
qui est mal disposé, qui est indisposé. Aptus donna en vieux franç.
ate, ade qui au 12e siècle ont le sens de bien portant, et malade
a celui de mal portant.
malgré, ondanks, comp. de mal ei gré\ donc: mauvais gré. Malgré
étant à l'origine un substantif, signifie donc proprement comme
prép.: de mauvais gré, c.-à-d. contre le gré de; d'où le sens de:
nonobstant.
malitorne, lomp, probablement un composé irrégulier de maie, mal
et tourné. Donc: qui est mal tourné, c.-à-d. qui a mauvaise façon
et mauvaises manières.
malotru, ellendig , armzalig , mismaakt ; ce mot, anciennement ma-
lostru, avait à l'origine deux formes: l'une, française, était males-
trut, malestru, du lat. maie instructus, mal pourvu, mal élevé;
l'autre, provençale, était malastrug, malastruc, du lat. waZMs, mal,
et astrum, astre: qui est sous l'influence d'un mauvais astre. Ces
deux formes se sont confondues dans le sens actuel de malotru,
c.-à-d. maussade et mal bâti.
manant, doepeling , lompe vleqel , du lat. manentem (de manere,
rester) demeurant, celui qui reste, c.-à-d. qui est attaché au sol.
De là le sens de: paysan, villageois, habitant de la campagne,
qu'avait le mot manant au moyen âge. Le sens d'habitant de la
campagne a passé ensuite en celui de rustre, d'homme grossier, mal