Boekgegevens
Titel: Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
Auteur: Ent, A. van der
Uitgave: Culemborg: Blom & Olivierse, 1888
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 3589
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202654
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Nederlands, Woordenboeken (vorm)
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   Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
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(comte de Potable), a fini par désigner le commandant-en-chef de
l'armée. (Voyez connétable.)
Sénéchaussée vient de seniscalcia et signifie la juridiction d'un
sénéchal. Sénéchal est composé de deux mots germaniques: sîni,
plus âgé, et skalk (serviteur). Dans un texte du douzième siècle,
cité par Ducange, on trouve le mot sénéchal dans le sens d'échan-
son, celui qui verse à boire. Le sens le plus usité est celui d'officier
qui dans une contrée d'une certaine étendue est le chef de la justice
et commande la noblesse, lorsqu'elle est convoquée en vue de la
guerre. Le sire de Joinville était sénéchal de Champagne, c'est-à-
dire lieutenant-général du comte de Champagne, au nom duquel il
administrait la justice. L'office de sénéchal est analogue à celui de
stadhouder dans les Pays-Bas au temps de la maison de Bourgogne,
chavirer, omslaan (van vaartuigen), pour chapvtrer, formé de
chap, tête (lat. caput) et virer, tourner, aller en tournant. Chavirer
signifie donc proprement : être renversé la tête en bas, par suite :
être tourné sens dessus dessous, et de là au figuré ne pas réussir.
Le navire qui tourne (vire) son cap (tête) en s'enfonçant dans les
flots, chavire. — Le dérivé est chavirement.
chcnct, haardijzer, anciennement petit chien, ainsi nommé,
parce que ces ustensiles avaient autrefois à leur extrémité une petite
tête de chien, emblème du chien qui garde le feu. L'allemand dit
de même Feuerbock (bouc de feu) pour chenet. — Littké y voit
l'assimilation avec un chien couché sur le ventre,
ehétif, zwak, ellendig, nietio, du lat. captivus, prisonnier. Ce
mot avait à l'origine le sens de captif, prisonnier, et de là il a
passé à celui de faible, misérable. — L'ancien français avait la
forme caitif, caitive, avec le sens de prisonnier et celui de miséra-
ble. Cette forme subsiste dans le mot anglais caitiff, qui a le sens
de coquin, scélérat. Le mot hollandais katijvig se rattache à la
même origine, ainsi que l'italien cativo.
Les dérivés sont chétiveté et chétivement. Chétif forme doublet
avec captif, qui a été refait sur le latin au seizième siècle,
chez, bu, du lat. casa, maison. La locution latine in-casa devint
dans le vieux français en chez. On disait anciennement jusqu'au
14e siècle: je vais à chez mon ami, c-à-d. à la maison de mon
ami; il est en chez son ami, c-à-d. il est dans la maison de son
ami, comme nous disons encore aujourdhui: Je viens de chez mon
ami, c-à-d. je viens de la maison de mon ami. Chez signifie donc
proprement : dans la maison de. — A propos de chez Vaugelas fait
la remarque suivante:
„Chez Plutarque, chez Platon. Cette façon de parler, qui est
familière à beaucoup de gens pour dire dans Plutarque, ou dans
les oeuvres de Plutarque, et de Platon, est insupportable. Un ex-
cellent esprit avait bonne grâce de dire, que l'on avait grand tort