Boekgegevens
Titel: Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
Auteur: Ent, A. van der
Uitgave: Culemborg: Blom & Olivierse, 1888
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 3589
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202654
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Frans, Nederlands, Woordenboeken (vorm)
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   Esquisses lexicologiques: étude des mots et de leurs significations: ouvrage spécialement destiné a ceux qui se préparent aux examens pour l'obtention des divers diplômes de professeur de français
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un caractère de gravité; on remarqua surtout qu'il portait toujours
des has hleus. Telle était l'excellence de sa conversation que, quand
il lui arrivait d'être absent, on avait coutume de dire: Nous ne
pouvons rien faire ce soir sans les bas hleus. Peu à peu des clubs
s'établirent sous ce titre, et le terme de bas bleu s'étendit aux
femmes de lettres ridicules et pédantes.
Dans „Taalstudie, le année, pag. 279", on lit une explication
qui diffère un peu de celle donnée ci-dessus. La voici : „La célèbre
lady Montague, dit-on, aimait à réunir chez elle les beaux esprits,
et tout homme célèbre était sûr d'être bien accueilli dans ses salons
de Londres. Or, un jour un illustre étranger ne voulut pas se
présenter chez elle dès son arrivée, sous prétexte qu'il n'était pas
présentable en costume de voyage, ce qu' apprenant l'Anglaise doit
avoir dit qu'on était admis chez elle même en bas bleus. On sait
qu'alors les bas étaient visibles, puis qu'on portait encore la
culotte courte. C'est là ce qui lui aurait valu à elle, et plus tard
aux femmes s'exposant au ridicule par des prétentions littéraires
exagérées, ce sobriquet peu flatteur."
baudet, ezel, dérivé de l'anc. franç. baud, à l'origine bald, qui
signifiait gai, content, hardi (Comparez l'anglais bold et le holl.
bout). On a donné l'epithète baud en diminutif à l'âne mâle, à
cause de sa hardiesse et de sa vivacité. On retrouve ce radical
baud dans le composé s'ébaudir = être baud = se réjouir,
beaucoup, veel, composé de beau et de coup. Anciennement, c'est-
à-dire avant le 14e siècle, on disait plus souvent grand coup.
Beaucoup signifie donc proprement un grand coup, un coup heu-
reux, et de là: une grande quantité.
bégueule, zottin, ancien français bée-gueule et gueule bée. £e«estle
part, passé de l'ancien verbe heér ou bayer, dont béant est le par-
ticipe présent. Bayer subsiste encore dans la locution bayer aux
corneilles (staan te gapen). Avoir la gueule bée ou être gueulebée,
bégueule, veut donc dire rester bouche béante, ouverte, attitude qui
exprime l'étonnement, mais aussi la sottise. Cette signification a
passé ensuite en celle de pruderie; de là qu'aujourd'hui le sens
de bégueule n'est autre que celui de femme prude et dédaigneuse
d'une façon mal plaisante.
béjaune, jonqe vogel, melkmuil', composé de bec et de jaune, le
bec jaune étant l'attribut d'un oiseau jeune et niais ; par extension,
sobriquet donné à un jeune homme sot et inexpérimenté,
belette, wezel, diminutif de l'anc. franç. bele, martre. Beleàévhe,
d'après Brächet, du lat. bella, jolie. Belette signifie donc propre-
ment: la jolie petite bête.
bélier, ram, du bas-latin bella (clochette) qui a son tour dérive
du néerlandais bel. Ainsi le bélier est celui qui porte la clo-
chette, c'est le mouton à la sonnette. Comparez le néerlandais