Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Je n'ai pas ia force de commencer par vous; ainsi, Monsieur,
apprenez que je vous souhaite de bonnes années sans nombre, tous
les bonheurs que vous méritez, et que je suis, avec un attachement
très-parfait, votre bonne et sincère amie.
RACINE A SON FILS,
Fontainebleau, le 3 Octobre 1694.
»11 me paraît, par votre lettre, que vous portez un peu d'envie
à Mademoiselle de Chapelle, de ce qu'elle a lu plus de comédies
et plus de romans que vous. Je vous dirai, avec la sincérité avec
laquelle je suis obligé de vous parler, que j'ai un extrême chagrin
que vous fassiez tant de cas de toutes ces niaiseries, qui ne doivent
servir tout au plus qu'à délasser quelquefois l'esprit, mais qui ne
devraient point vous tenir autant à cœur qu'elles le font. Vous êtes
engagé dans des éludes très-sérieuses qui doivent attirer votre
principale attention ; et pendant que vous y êtes engagé, et que
nous payons des maîtres pour vous en instruire, vous devez éviter
tout ce qui peut dissiper votre esprit et vous détourner de votre
étude. Non-seulement votre conscience et la religion vous y obli-
gent, mais vous-même devez avoir assez de considération pour moi
el assez d'égards, pour vous conformer un peu à mes sentiments,
pendant que vous êtes dans un âge où vous devez vous laisser
conduire.
Je ne vous dis pas que vous ne lisiez quelquefois des choses
qui puissent vous divertir l'esprit, et vous voyez que je vous ai
mis entre les mains assez de livres français capables de vous
amuser; mais je serais inconsolable si ces sortes de livres vous inspi-
raient du dégoût pour des lectures plus utiles, et surtout pour les
livres de piété et de morale, dont vous ne parlez jamais et pour
lesquels il semble que vous n'ayez aucun goût,, quoique vous soyez
témoin du véritable plaisir quej'y prends, préférablement à toute
autre chose. Croyez-moi, quand' vous saurez parler de comédies et
de romans, vous n'en serez guère plu5 avancé pour le monde, et
ce ne sera point par cet endroit-là que vous serez le plus estimé.
Je remets à vous en parler plus au long et plus particulièrement
quand je vous reverrai, et vous me ferez plaisir alors de me parler
à cœur ouvert là-dessus et de ne vous point cacher de moi. Vous