Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Faites réflexion aux suites des passions. Souvent nous en som-
mes désabusées sans en ôtre guéries. Elles surprennent la raison,
jettent le trouble dans les sens et ternissent la réputation.
Si par malheur, ma lille , vous ne suivez pas mes conseils, per-
dus pour vous, ils seront utiles pour moi. Ces réflexions me sont
de nouveaux engagements de travailler à la vertu; je fortifie ma
raison, même contre moi, et je me mets dans la nécessité de lui
obéir ou je me charge de la *honte d'avoir su la connaître et de lui
avoir été infidèle. Mme. de Lambert, Lettres sur l'éducatiou.
Mme DE SEVIGNE A SA FILLE.
•»Voici un terrible jour, ma chère enfant; je vous avoue que je
n'en puis plus. Je vous ai quittée dans un état qui augmpnte ma
douleur. Je songe à tous les pas que vous faites et à tous ceux
que je fais, el combien il s'en faut qu'en marchant toujours de
cette sorte nous puissions jamais nous rencontrer! Mon coeur est
en repos, quand il est auprès de vous; c'est son état naturel, et
le seul qui peut lui plaire. Ce qui s'est passé ce matin, me donne
une douleur sensible, el me fait un déchirement dont votre philo-
sophie sait les raisons. Je les ai senties et les sentirai longtemps.
J'ai le cœur et l'imagination tout remplis de vous; je n'y puis
penser sans pleurer, et j'y pense toujours; de sorte que l'état oiî
je suis n'est pas une chose soutenable: comme il est extrême,
j'espère qu'il ne durera pas dans cette violence. Je vous cherche
toujours, et je trouve que tout me manque, parce que vous me
manquez. Mes yeux , qui vous ont tant rencontrée depuis quatorze
mois, ne vous trouvent plus. Le temps agréable qui est passé
rend celui-ci douloureux, jusqu'à ce que j'y sois un peu accoutumée ;
mais ce ne sera jamais assez pour ne pas souhaiter ardemment de
vous revoir et de vous embrasser. Je ne dois pas espérer mieux
de l'avenir que du passé; je sais ce que votre absence m'a fait
souffrir, et je serai encore plus à plaindre, parce que je me suis
fait imprudemment une habitude nécessaire de vous voir. Il me
semble que je ne vous ai pas assez embrassée en partant. Qu'avais-je
à ménager 9 Je ne vous ai point assez dit combien je suis contente
de votre tendresse, je ne vous ai point assez recommandée à M. de
Grignan; je ne l'ai point assez remercié de toutes ses politesses,
et de toute l'amitié qu'il a pour moi: j'en attendrai les effets sur