Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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devenus introuvables; tout ce qui en subsistait encore s'était réfugié
dans la terre. Michelet.
LES VOYAGES A PIED,
Je ne connais qu'une manière de voyager plus agréable que d'al-
ler à cheval: c'est d'aller à pied. On part à son moment, on
s'arrête à sa volonté, on fait tant et si peu d'exercice qu'on veut.
On observe tout le pays; on se détourne adroite, à gauche; on
examine tout ce qui nous flatte ; on s'arrête à tous les points de
vue. Aperçois-je une rivière, je la côtoie; un bois toufl'u , je vais
sous son ombre; une grotte, je la visite; une carrière, j'en examine
les minéraux. Partout où je me plais, j'y reste. A l'instant où
je m'ennuie, je m'en vais. Je ne dépends ni des chevaux, ni du
postillon. Je n'ai pas besoin de choisir des chemins tout faits,
des routes commodes; je passe partout où un homme peut passer ;
je vois tout ce qu'un homme peut voir; et ne dépendant que de
moi-même, je jouis de toute la liberté dont un homme peut jouir...
Voyager à pied, c'est voyager comme Thalès, Platon et Pythagore.
J ai peine à comprendre comment un philosophe peut se résoudre
à voyager autrement et s'arracher à l'examen des richesses qu'il
foule aux pieds et que la terre prodigue à sa vue____Combien
de plaisirs difl'érents on rassemble par cette agréable manière de
voyager! sans compter la santé qui s'att'ermit el l'humeur qui s'égaie.
J.-J. Rousseau.
LES MORAVES.
Je suis allée, il y a quelque temps, à Dintendorf, petit village
près d'Erfort, où une communauté de Moraves s'est établie. Ce
village est à trois lieues de toute grande route; il est placé entre
deux montagnes sur le bord d'un ruisseau ; des saules et des peu-
pliers élevés l'entourent: il y a dans l'aspect de la contrée quelque
chose de calme et de doux, qui prépare l'âme à sortir des agita-
tions de la vie. Les maisons el les rues sont d'une propreté par-
faite; les femmes, toutes habillées de même, cachent leurs cheveux
et ceignent leur tête avec un ruban dont les couleurs indiquent si
elles sont mariées, fllles ou veuves; les hommes sont vêtus de brun,