Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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teresse; rien n'approche du charme de sa voix, de la grâce de son
sourire; plus on avance vers le tombeau, plus elle se montre pure
et brillante aux mortels consolés; la Foi et la Charité lui disent:
«Ma sœur!" et elle se nomme »l'Espérance". Chateaubriand.
DEPART DES HIRONDELLES.
Qnand nous étions à Nantes (octobre 1851) la saison étant
très-belle encore, les insectes nombreux et la pâture des hiron-
delles facile et abondante, nous eûmes cet heureux *hasard de voir
la sage république en une immense et bruyante assemblée siéger,
délibérer sur le toit d'une église, qui domine l'Erdre et la Loire.
Pourquoi ce jour, rette heure plutôt qu'une autre? Nous l'igno-
rions: bientôt nous pûmes le comprendre.
Le ciel était beau le matin, mais avec un vent qui soufflait de
la Vendée. Mes pins se lamentaient, et de mon cèdre ému sor-
tait une basse et profonde voix. Les fruits jonchaient ia terre.
Nous nous mines à les ramasser. Peu à peu le temps se voila,
le ciel devint fort gris, le vent tomba, tout devint morne. C'est
alors, vers quatre heures, qu'en môme temps de tous les points,
et du bois, et de l'Erdre, et de la ville,, et de la Loire, et de
la Sèvre, je pense, d'infinies légions, à obscurcir le jour, vinrent
se condenser sur l'église, avec mille voix, mille cris, des débats,
des discussions. Sans savoir cette langue, nous devinions très-bien
qu'on n'était pas d'accord. Peut-être les jeunes, retenus par ce
souffle tiède d'automne, auraient voulu rester encore. Mais les
sages, les expérimentés, les voyageurs éprouvés insistaient pour le
départ. Ils prévalurent; la masse noire, s'ébranlant à la fois comme
un immense nuage, s'envola vers le sud-est, probablement vers
l'Italie. Ils n'étaient pas à trois cents lieues (quatre ou cinq heures
de vol), que toutes les cataractes du ciel s'ouvrirent pour abîmer la
terre; nous crûmes un moment au déluge. Retirés dans notre mai-
son qui tremblait aux vents furieux, nous admirions la sagesse des
devins ailés qui avaient si prudemment devancé l'époque annuelle.
Evidemment ce n'était pas la faim qui les avait chassés. En
présence d'une nature belle et riche encore, ils avaient senti, saisi
l'heure précise sans la devancer. Le lendemain, c'eût été trop tard.
Tous les insectes, abattus par cette immensité de pluie, étaient