Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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linopie et Scutari; les cyprès, les minarets, les mâts des vaisseaux,
qui s'élevaient et se confondaient de toutes parts; la verdure de:s
arbres, les couleurs des maisons blanches et rouges; la mer qui
étendait sous ces objets sa nappe bleue, et le ciel qui déroulait
au-dessus un autre champ d'azur; voilà ce que j'admirais: on
n'exagère point, quand on dit que Constantinople offre le plus beau
point de vue de l'univers.
Nous abordâmes à Galata; je remarquai sur-le-champ le mouve-
ment des quais, et la foule des porteurs, des marchands et des
mariniers; ceux-ci annonçaient par la couleur diverse de leurs visa-
ges, par la différence de leurs langages, de leurs habits, de leurs
chapeaux, de leurs bonnets, de leurs turbans, qu'ils étaient venus
de toutes les parties de l'Europe et de l'Asie habiter cette fron-
tière de deux mondes. L'absence presque totale des femmes, le
manque de voitures à roues, et les meutes de chiens sans maîtres
furent les trois caractères distinctifs qui me frappèrent d'abord
dans l'intérieur de cette ville extraordinaire. Comme on ne marche
guère qu'en babouches, qu'on n'entend point de bruit de carrosses
et de charrettes, qu'il n'y a point de cloches, ni presque point de
métiers à marteau, le silence est continuel. Vous voyez autour de
vous une foule muette, qui semble vouloir passer sans être aperçue,
et qui a toujours l'air de se dérober aux regards du maître. Vous
arrivez sans cesse d'un bazar à un cimetière, comme si les Turcs
n'étaient là que pour acheter, vendre et mourir. Ces cimetières
sans murs et placés au milieu des rues sont des bois magnifiques
de cyprès ; les colombes font leurs nids dans ces cyprès, et partagent
la paix des morts. Chateaubriand.
UNE NUIT D'ETE SUR LA NÉVA.
Au mois de Juillet 1809, à la fm d'une journée des plus chaudes,
je remontais la Néva dans une chaloupe avec le conseiller privé
de T..., membre du sénat de Saint-Pétersbourg, et le chevalier
de B..., jeune Français que les orages de la révolution de son
pays et une foule d'événements bizarres avaient poussé dans cette
capitale. L'estime réciproque, la conformité des goûts, et quelques
relations précieuses de services et d'hospitalité, avaient formé entre
nous une liaison intime. L'un et l'autre m'accompagnaient ce
jour-là jusqu'à la maison de campagne où je passais l'été. Quoique.
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