Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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teraent retranches. Jeanne insista: >>C'est ma mission!" criait-elle,
»Rheims ne vous trompera pas davantage qu'Orléans. L'armée royale
se mit en marche: les Anglais furent battus sur toute la route,
ou plutôt, ils s'enfuyaient dès qu'ils apercevaient l'étendard de Jeanne
d'Arc. Fargeau, Patai, Gien, Troves, Chalons, ouvrirent leurs
portes de gré ou de force. La guerrière apparaissait sur toutes
les murailles comme l'archange Saint-Michel lui-même, terrassant
à ses pieds l'hydre des factions el de la guerre. Enfin, vers le
milieu du mois de juillet 1429, Charles fit son entrée dans Rheims.
Le nom de Jeanne d'Arc était toujours mêlé au sien dans les
acclamations du peuple; mais elle refusait cet hommage en rougissant,
el ne reprenait de l'assurance que pour crier: »Gloire à dieu et
vive le roi!"
Le sacre eut lieu dès le lendemain ; Jeanne y assista dans ses
habits de guerre, el choisit elle-même sa place. On lui demanda
pourquoi, pendant la cérémonie, elle se tint près du maître-autel,
portant son étendard? Jeanne répondit: »II avait été à la peine,
c'était bien raison qu'il fût à l'iionneur,"
Après la messe du sacre, Jeanne se jeta aux pieds du roi, les
yeux baignés de larmes d'attendrissement: »Enfin, gentil roi, j'aurai
exécuté le plaisir de dieu qui voulait que vous vinssiez à Rheims
recevoir votre digne sacre, en montrant que vous êtes le vrai roi et
celui auquel le royaume doit appartenir. Voilà ma mission accom-
plie." Et se tournant vers l'archevêque de Rheims: »Plût à dieu,
mon Créateur," continua-t-elle, »que je pusse maintenant partir,
abandonnant les armes, el aller suivre mon père et ma mère, en
gardant leurs brebis avec ma sœur el mes frères, qui se réjouissent
beaucoup de me voir!" Maison la regardait comme l'ange tutélaire
de la France. Le roi la supplia de ne pas abandonner l'armée, et
le lui ordonna comme son souverain. »Vous le voulez, beau sire,
je le veux donc; mais bien vrai, ma mission est accomplie; l'esprit
de dieu m'a quittée, el sous ma cuirasse je sens battre un cœur
de paysanne. Vous le voulez, je reste; mais je ne suis plus
responsable des choses qui pourront advenir à votre royaume et à
moi." En sortant de la cathédrale, les plumes de son casque prirent
feu à un cierge, et dans un moment elle fut entourée de flammes.
On les étouffa sur-le-champ, mais Jeanne en eut longtemps des
•frémissements involontaires, devint morne et rêveuse, et demanda
encore au roi la permission de retourner chez sa mère. Charles
persista dans son refus , et en dédommagement, il anoblit sa famille