Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
49
- ja
Jeanne revêtit des habits dliomme et partit. Quelques-uns de ceux
qui raccompagnaient la regardaient comme une sainte ; d'autres la
prenaient pour une sorcière et avaient formé le projet de la jeter
dans quelque fosse; mais ils n'eurent pas plus tôt fait dix lieues
avec elle, qu'un saint respect remplaça tout autre sentiment, tant
elle parlait et agissait comme un être au-dessus de Thumanité.
Elle menait son cheval avec autant de facilité et de grâce que le
meilleur cavalier; ils avaient peine à la suivre; il semblait qu'elle
montât un cheval ailé; si bien qu'ils ne mirent que onze jours à
faire un voyage de cent cinquante lieues en pays ennemi, sur la
fm de l'hiver, au milieu de tous les obstacles et de tous les dangers;
et cependant, elle avait entendu la messe tous les jours, et pour
cela elle s'était souvent détournée de plusieurs heures de sa route.
C'est ainsi, comme nous l'avons vu, qu'elle parvint jusqu'à Chinon.
C'est ainsi qu'elle en repartit, mais avec bien plus de pompe et
à la tête de douze mille hommes; car toute la cour el toute la po-
pulation des villes et des campagnes était électrisée par le pieux
héroïsme de Jeanne. Ses réponses miraculeuses, quelques prédictions
soudainement accomplies, et surtout sa modeste assurance, avaient
subjugué les plus incrédules. Un seul cri s'élevait: A Orléans,
à Orléam! Avant de partir, elle demanda une épée marquée de
cinq croix, qui devait être ensevelie derrière l'autel de Sainte-Cathe-
rine de Fierbois. En effet, l'épée s'y trouva. Elle voulut aussi,
d'après l'avis des voix célestes, avoir un étendard de toile blanche,
frangé de soie, tout semé de fleurs de lis, où était figuré le sauveuïi
des hommes assis sur son tribunal, dans les nuées du ciel. Elle
portait elle-même cet étendard, et répondait à ceux qui lui en
demandaient la raison: »Je ne veux pas me servir de mon épée
ni tuer personne."
Lors de son arrivée à Blois, elle envoya au duc de Bedfort et
aux autres généraux anglais une lettre écrite sous sa dictée. Elle
leur ordonnait, de la part du Roi des cieux, de lever le siège
d'Orléans et de rendre à Charles les villes dont ils s'étaient emparés.
Les Anglais retinrent son messager el le chargèrent de chaînes.
Alors elle continua sa marche sur Orléans el y fit entrer tout son
convoi d'armes et de vivres à travers le camp el les bastions ennemis.
C'était un véritable triomphe: Dunois et Lahire marchaient à ses
côtés, mais on ne voyait que Jeanne. Toutes les mères se mirent
à la suivre et à exhorter le peuple aux combats. Jeanne parlait
de guerre aussi bien que les plus habiles capitaines. 11 fut résolu
3