Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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de ses parents , et faisons-lui recommencer le cercle innocent et
mystique de ses premières années.
Au village de Domrémy, voyez cette étroite cabane, qui, par
sa petitesse et son aspect rustique, rappelle la chaumière de Philé-
mon et Baucis, rappelés eux-mêmes par un couple vertueux et
pauvre, Jacques d'Arc et Isabelle Romée , habitants de celte cabane.
Là, ces honnêtes paysans élevaient leur garçons et leurs filles
dans la crainte de dieu et la science du labourage, afin qu'ils eus-
sent la vie de ce monde et de l'autre. Jeanne, cette jeune héroïne
qui devait sauver la France, était au nombre de leurs enfants;
ils avaient mérité cette gloire par leurs obscures vertus. Jeanne
avait dix-neuf aus, elle savait coudre et filer, et toutes ses prières
par cœur. Elle était forte et courageuse comme un lion, et timide
et gracieuse comme une biche. Elle combatlait les loups et les
terrassait avec un pieu ferré, et il suffisait de lui adresser la parole
pour la déconcerter. Le peu d'argent qu'elle gagnait était pour
les pauvres; tout le temps qu'elle n'employait pas aux soins cham-
pêtres ou à ceux du ménage, elle le donnait à l'adoration de
dieu et de notre seigneur. Pour prix de cette vie de sacrifices et
de sainteté, elle entendait, dans le silence des nuits, des voix
divines, les accords ineffables des harpes célestes, et se voyait
quelquefois environnée d'une clarté brillante.
Près du grand chemin qui conduit de Domrémy à Neufchàteau,
il y avait un *hêtre au vaste ombrage qu'on appelait arbre des fées,
à cause d'une ancienne tradition répandue dans tous les *hameaux
voisins. Jeanne avait choisi cet arbre pour s'y abriter contre l'ar-
deur du soleil ou contre la pluie, pendant que les troupeaux confiés
à sa garde paissaient à l'entour; mais au lieu de se reposer en
rêvant à quelque fête ou à quelque parure, comme font les autres
filles de son âge, elle s'agenouillait et elle priait pour son père
et sa mère, et aussi pour .Mgr. le dauphin, chassé de son trôje
par les Anglais, et pour la France dont l'amour se confondait dans
son cœur avec celui de dieu et de ses parents. . Un jour une grande
clarté y frappa ses yeux et une grande voix retentit à son oreille.
Jeanne fut d'abord saisie de frayeur, mais la voix avait un carac-
tère auguste et se borna seulement à lui recommander d'être tou-
jours pieuse et honnête, et de compter sur la protection du Ciel.
Un autre jour, elle fut prise, sous l'arbre miraculeux, d'un som-
meil invincible, et elle eut un songe qui venait d'en *haut, et
une voix plus claire et plus sonore que le cristal lui ordonna