Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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La dernière fois qu'il se fit porter dans son jardin, il remarqua
un rosier du Bengale tout chargé de fieurs, mais dont une partie
des feuilles étaient jaunies par le vent. 11 le regarda un instant,
et le montrant à sa femme, il lui dit: «Demain les feuilles jaunes
n'y seront plus." — Et comme il vit que ces paroles lui faisaient
répandre un torrent de larmes, il ajouta doucement: Pourquoi le
livrer à d'inutiles regrets? ce qui t'aime en moi vivra toujours.
Souviens-toi des diverses périodes de notre vie, et tu verras qu'il
doit encore me revenir quelque chose. N'ai-je pas été petit enfant
entre les hras de ma nourrice? N'ai-je pas ensuite balbutié des mois
et répondu par mes caresses aux caresses de mes parents? Jeune,
j'ai parcouru le globe avec des plans de république; j'étais alors
plein d'ambition et malheureux; ensuite ma raison s'est éclairée, je
me suis rapproché de la nature et de dieu, et voilà que mon âme
est prête à se rejoindre à Lui. Tu le vois, la fin d'une période a
toujours été le commencement d'une autre, comme la fin du jour
est l'annonce d'une nouvelle aurore. Ainsi la mort est suivie d'une
existence immortelle."
Quelques heures avant sa mort, en sortant d'une longue faiblesse,
comme il les vit tous en pleurs autour de son lit, il leur tendit
la main; sa voix n'était plus qu'un souffle ; à peine put-il leur
dire: »Ce n'est qu'une séparation de quelques jours, ne me la
rendez pas si douloureuse! Je sens que je quitte la terre et non
la vie." Et, comme s'il eut cédé à la plus tendre conviction, il
ajouta: »Que ferait une àme isolée dans le ciel même?" —Ces
mots touchants furent presque les derniers qu'il prononça. Peu
d'heures après il n'était plus. Aimé-Martin.
LE BESOIN DU CŒUR.
Le visir Azamet avait plu dans sa jeunesse au sultan Mahmoud,
qui l'éleva aux premières dignités de l'empire. Dès qu'Azamet fut
en place, il voulut réformer les abus; mais les grands et les imams
le perdirent dans l'esprit du prince, et il tomba en disgrâce.
Privé de ses biens et sans amis, Aznmet se retira dans tes rochers
du Khorassan; là il vivait seul dans une jolie cabane qu'il avait
construite, et il cultivait un petit terrain au bord d'un ruisseau.
Il y avait deux ans qu'il vivait dans cette solitude, lorsque li-
sage Usbeck découvrit sa retraite. Les conseils vertueux d'Usbeck.