Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Vorige scan Volgende scanScanned page
16
Si quelque fête champêtre rassemblait les habitants du lieu, j'y
serais des premiers avec ma troupe. Si quelques mariages, plus
béuis du ciel que ceux des villes, se faisaient à mon voisinage,
on saurait que j'aime la joie, et j'y serais invité. Je porterais à
ces bonnes gens quelques dons simples comme eux, qui contribue-
raient à la fête, et j'y trouverais en échange des biens d'un prix
inestimable, des biens si peu connus de mes égaux, la franciiise et
le vrai plaisir. Je souperais gaiement au bout de leur longue table,
j'y ferais chorus au refrain d'une vieille chanson rustique, et je
danserais dans leur grange de meilleur cœur qu'au bal de l'Opéra.
J.-J, Rousseau.
COLERE ET REPENTIR.
Les insectes nous répugnent, nous inquiètent, parfois nous font
peur, juste en proportion de notre ignorance. Presque tous, spéci-
alement, dans nos climats, sont pourtant tout à fait inolTensifs. Mais
nous suspectons l'inconnu. Presque toujours nous les tuons, pour
tout éclaircissement.
Je me rapelle qu'un matin, à quatre heures, en juin, le soleil
étant déjà haut, je fus éveillé assez brusquement, lorsque j'avais
encore beaucoup de fatigue et de sommeil. J'étais à la campagne,
dans une chambre sans volet ni rideaux, en plein levant, et les
rayons arrivaient jusqu'à mon lit. Un magnifique bourdon, je ne
sais comment, était dans la chambre, et joyeusement, au soleil,
voletait et bourdonnait. Ce bruit m'ennuyait. Je me lève, el,
pensant qu'il voulait sortir, je lui ouvre la fenêtre. Mais point;
telle n'était pas son idée. La matinée, quoique belle, était très-
fraîche, fort humide; il préférait rester dans la chambre, dans une
température meilleure, qui le séchait, le réchauffait; dehors, il était
quatre heures; dedans, c'était déjà midi. 11 agissait précisément
comme j'eusse fait, et ne sortait point. Je voulus lui donner du
temps; je laissai la fenêtre ouverte, et me recouchai. Mais nul
moyen de reposer. La fraîcheur du dehors entrant, lui aussi il
entrait plus avant et voletait par la chambre. Cet hôte obstiné,
importun, me donna un peu d'humeur. Je me levai, décidé à
l'expulser de vive force. Un mouchoir était mon arme, mais je
m'en servais sans doute assez maladroitement; je l'étourdis, je