Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Son bras libérateur dans la tombe est esclave ;
Son front pur s'est glacé sous le laurier vainqueur,
Et ce signe sacré, celte étoile du brave,
Ne sent plus palpiter son cœur.
Hier, quand de ses jours la source fut tarie,
La France, en le voyant sur sa couche étendu.
Implorait un accent de cette voix chérie...
Hélas! au cri plaintif jeté par la patrie.
C'est la première fois qu'il n'a [)as répondu.
nercoeur, née en 1809, morte en 18'il.
Ses premiers essais décelaient un véritable talent, mais ils ne
purent la sauver de la pauvreté, qui était son partage, el qui la
plongeait dans un profond découragement, bienlôL suivi de sa
mort. Sa situation pénible se reflète souvent dans ses vers, qui
sont d'ailleurs pleins de force et de sensibilité.
LA GLOIRE ET L'INDIGENCE.
Je n'ai donc plus que loi, lyre, ma seule amie;
Des sons, des chants encor, des hymnes sont ma vie.
Ta voix, écho de l'âme, est uu écho du ciel;
J oublie en l'écoutant le poids de ma misère;
Je souffre moins alors, el, dans la coupe amère,
Ma bouche croit trouver quelques gouttes de miel.
Mon rêve (que les cieux prolongent ce délire) !
Est d'enchaîner la gloire au magique sourire ;
Et je poursuis encor mon songe inachevé.
Mais un vent me brisa, comme un roseau fragile;
Ainsi le voyageur, qui cherchait un asile.
Le soir, sur le chemin, dort sans l'avoir trouvé.
Aussi, pourquoi ce rêve? Ici-bas le poète
Chaque jour repoussé par la pitié muette,
N'a jamais que de loin contemplé le bonheur ;
Et de gloire et d'oubli s'abreuvant tout ensemble,