Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Et que j'entends déjà dans la splière bénie
Des harpes et des voix la douceur infinie,
Voilà que de mon àme, alentour, au-dedans,
Quelques funestes cris, quelques désirs grondants
Éclatent tout à coup, et d'en haut je retombe
Plus bas dans le péché, plus avant dans la tombe!
— Et pourtant aujourd'hui qu'un radieux soleil
Vient d'ouvrir le matin à l'Orient vermeil;
Quand tout est calme encor, que le bruit de la ville
S'éveille à peine autour de mon paisible asile;
A l'instant où le coeur aime à se souvenir.
Où l'on pense aux absents, aux morts, à l'avenir,
Votre parole, ami, me revient et j'y pense;
Et consacrant pour moi le beau jour qui commence,
Je vous renvoie, à vous, ce mot (pie je vous dois,
A vous, sous votre vigne, au milieu dos grands bois.
Là désormais, sans trouble, au port après l'orage,
Rafraîchissant vos jours aux fraîcheurs de l'ombrage.
Vous vous plaisez aux lieux d'où vous étiez sorti;
Que verriez-vous de plus? vouz avez tout senti,
Votre cœur tout entier est un autel qui fume,
Vous y mettez l'encens et l'éclair le consume;
Chaque ange est votre frère, et quand vient l'un d'entre eux.
En vous il se repose, ô grand homme, homme heureux!
Alfred de Jflasset, né en 1810, mort en 1858.
C'est un talent lyrique original et à part, plein de bizarreries et
de beautés du premier ordre. Il craint surtout de ressembler à aucun
autre, et se fraie une voi nouvelle, où il sème à pleines mains les
plus capricieuses et les plus charmantes inspirations. i C'est un
espiègle adorable et impertinent," dit un critique ; ildéfii^, brave et
raille à la fois le lecteur dérouté, qui se fatigue à le suivre dans
sa course rapide et fantastique 1).
1) Il se plaît surtout à railler les critiques. Dans sa ballade À
la Lune y il commence par leur jeter cette strophe en pâture :
„C'était dans la nuit brune,
„Sur un clocher jauni,
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