Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Et dans vos souvenirs ceux que je choisissais,
C'était votre jeunesse, et vos premiers accès
D'abord flottants, obscurs, d'ardente poésie,
Et les égarements de voire fantaisie.
Vos mouvements sans but, vos courses en tout lieu.
Avant qu'en votre cœur le démon fiU un dieu.
Sur la terre jeté, manquant de lyre encore.
Errant, que faisiez-vous de ce don qui dévore?
Ignoré de vous-même et de tous, vous alliez. .. .
Où? dites? parlez-moi de ces temps oubliés.
Enfant, dieu vous nourrit de sa sainte parole;
Mais bientôt le laissant pour un monde frivole.
Et cherchant la sagesse et la paix hors de lui,
Vous avez poursuivi les plaisirs par ennui.
Oh! quand je vous ai dit à mon tour ma tristesse,
El qu'aussi j'ai parlé des jours jdeins de vitesse.
Ou de ces jours si lents qu'on ne peut épuiser,
Goutte à goutte tombant sur le cœur sans l'user;
Que je n'avais au moude aucun but â poursuivre ;
Que je recommençais chaque matin à vivre;
Oh ! qu'alors sagement et d'un ton fraternel
Vous m'avez par la main ramené jusqu'au ciel;
»Tel je fus," disiez-vous ; »celle humeur inquiète,
Ce trouble dévorant au cœur de tout poète,
Et dont souvent s'égare une jeunesse en feu,
N'a de remède ici que le retour à dieu ;
Seul il donne la paix, dès qu'on rentre en la voie;
Au mal inévitable il mêle un peu de joie,
Nous montre en haut l'espoir de ce qu'on a rêvé,
Et sinon le bonheur, le calme est retrouvé."
Et souvent depuis lors, en mon âme moins folle,
J'ai mûrement pesé celle simple parole;
Je la porte avec moi; je la couve en mon sein,
Pour en faire germer quelque pieux dessein.
Mais quand j'en ai longtemps échauffé ma pensée
Que la prière en pleurs, à pas lents avancée.
M'a baisé sur le front comme un fils, m'enlevant
Dans ses bras, loin du monde en un rêve fervent.