Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Il
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MADAME DE LA VALETTE.
Mr. de La Valette, condamné à mort en 1815 pour crime de
hante-trahison, allait snbir son arrêt. La cour de cassation avait
rejeté son pourvoi. L'exécution, fixée au 21 Décembre, devaitavoir
lieu dans vingt-quatre heures. Les précautions les plus sévères
étaient prises pour prévenir révasion du condamné; il avait été
défendu au concierge de la prison de laisser communiquer personne
avec lui sans un ordre exprès du procureur-général.
La veille du jour fatal, Madame de La Valette, accompagnée
de sa ville et d'une femme de service, se présente à la Concier-
gerie pour voir une dernière fois son malheureux époux. Le con-
cierge, accoutumé à la recevoir, conduit celle famille éplorée dans
la chambre du condamné, et se retire pour ne point troubler leurs
adieux.
A sept heures du soir, on vient avertir les porteurs de la chaise
dans laquelle était venue Mme. de La Valette, que cette dame se
dispose à partir. Au bout de quelques minutes, des gémissements
se font entendre dans les couloirs. Trois personnes se présentent :
l'une d'elles est couverte des vêlements de Mme. de La Valette;
un chapeau noir à longues plumes couvre sa tête; elle porte son
mouchoir sur la figure, comme pour étouffer ses sanglots, el
s'appuie sur Mlle, de La Valette, qui pousse des cris douloureux.
Le concierge, touché de pitié, n'a pas le courage d'écarter le
mouchoir. Trompé par rhabillement, par les marques d'affliction
dont il est témoin, par la lueur incertaine des lampes qui éclairent
ce triste séjour, il olîre la main à la personne qu'il prend pour
Mme. de La Vallette, et la comiuit ainsi jusqu'au dernier guichet
où l'attendait la chaise à porteurs.
Encore ému de ce spectacle, il rentre dans la chambre du
condamné; un léger bruit se fait entendre derrière un paravent;
le concierge se retire dans la crainte que sa présence ne soit impor-
tune. il revient une seconde fois, le même bruit se renouvelle;
il appeUe: point derépmse. Inquiet, il s'avance, reconnaît Mme.
de La Valette, ets'é:rie: »Ah! Midarne, vou-ï m'avez trahi !o —
Il va pour donner l'alarme; Mrne. de La Valette s'élance vers la
porte, s'atlache à ses habits: » Demeurez, de grâce, monsieur,
demeurez!...» —»Non, Miiune. cela est affreux .. * —L'habit
du concierge est déchiré; ils'échappe, il appelle du secours; son (ils