Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Dans les ténèbres, pale et de terreur saisi.
Je me lève, cherchant qui me parlait ainsi.
Je regarde---- C'était une tête coupée! ....
De blafardes lueurs dans l'ombre enveloppée.
Livide, elle portait sur son front pâlissant
Une auréole, . . . . oui, de la couleur du sang,
il s'y mêlait encore un reste de couronne.
Immobile,.... — Vieillard, regarde, j'en frissonne! -
Elle me contemplait avec un ris cruel,
Et murmurait tout bas: Honneur au roi Cromwell!
Je fais un pas... . Tout fuit, sans laisser de vestige
Que mon cœur à jamais glacé par ce prodige.
Iliainte-Beuve, né en 1804.
Il a publié plusieurs recueils de poésies lyriques et une multitude
de critiques ou portraits littéraires, où l'on trouve autant de science
que de pénétration d'esprit. Comme poète il a un cachet à pari.
»Le caractère particulier des vers de Ste-Beuve", dit Demogeot,
»est une simplicité familière et délicate; on croirait lire un prose
aimable, légèrement parfumée de poésie. Poète jusque dans la cri-
tique, il saisit avec une imagination vive les diverses natures d'écri-
vains. Esprit délicat et flexible, il sait tout comprendre, tout deviner,
tout exprimer avec une grâce charmante."
 Mr ALPHONSE DE LAMARTINE.
Le jour que je vous vis pour la troisième fois,
C'était en Juin dernier, voici bientôt deux mois;
Vous en souviendrez-vous? j'ose à peine le croire;
iMais ce jour à jamais emplira ma mémoire;
Après nous être un peu promenés seul à seul,
Au pied d'un marronnier ou sous quelque tilleul,
Nous vînmes nous asseoir, et longtemps nous causâmes
De nous, des maux humains, des besoins de nos âmes;
Moi surtout, moi plus jeune, inconnu, curieux.
J'aspirais vos regards, je lisais dans vos yeux.
Comme aux yeux d'un ami qui vient d'un long voyage;
Je rapportais au cœur chaque éclair du visage;