Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Une flotte ionienne, aux lueurs des étoiles,
Entrait dans Coronnée, en abaissant ses voiles;
Comme, au tomber du jour, un essaim passager
De colombes, voguant vers un ciel étranger.
Pour dérober son vol aux ombres infidèles,
Sur un rivage ami ploie en jouant ses ailes.
Alcyon dans son nid gémissait doucement ;
Et la brise des nuits, de moment en moment.
Fraîche et molle, apportait jusqu'à Cymodocée,
Les parfums des lauriers, la plainte cadencée
De Philomèle, en paix sous les tilleuls mouvants.
Et la voix de Neptune, au loin battu des vents.
Le berger contemplait, assis dans la vallée,
La lune suspendue à la voûte étoilée,
Des astres, au front d'or, guidant le chaste chœur.
Et se réjouissait dans le fond de son cœur. . .
Alfred «le Vigny, né en 1799.
Ses productions poétiques sont d'une grande pureté et travaillées
avec amour, mais on y sent un peu la recherche et l'effort. Tout
en mettant beaucoup d'art dans le fini des détails et dans la beauté
de la forme, il manque un peu de verve et d'originalité.
LA TERRE AVANT LE DÉLUGE.
La terre était riante et dans sa fleur première;
Le jour avait encor cette même lumière
Qui du ciel embelli couronna les hauteurs
Quand uieu la fit tomber de ses doigts créateurs.
Rien n'avait dans sa forme altéré la nature,
Et des monts réguliers l'immense architecture
S'élevait jusqu'aux cieux par ses degrés égaux,
Sans que rien de leur chaîne eût brisé les anneaux.
La forêt, plus féconde, ombrageait sous ses dômes
Des plaines et des fleurs les gracieux royaumes.
Et des fleuves aux mers le cours était réglé
Dans un ordre parfait, qui n'était pas troublé.
Jamais un voyageur n'aurait sous le feuillage^
Rencontré loin des flots l'émail du coquillage.