Boekgegevens
Titel: Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
Auteur: Verenet, George C.
Uitgave: Utrecht: J.-G. Broese, 1868
2e ed
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: Obr. 8885
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_202173
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse letterkunde
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   Choix de lectures françaises: à l'usage des maisons d'éducation et des personnes qui aiment la prose et la poésie: littérature de l'adolescence et de l'âge mûr
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Je parcoui's comme loi le champ de mes regrets!
Adorant comme toi les monts el les forêts,
J'aime à m'asseoir au bord des torrents de Tautomne,
Sur le rocher battu par le flot monotone,
A suivre dans les airs la nue et l'aquilon,
A leur prêter des traits, un corps, une àme, un nom,
Et d'êtres adorés m'en formant les images,
A dire aussi: «Mon àme est avec les nuages!"
Mais je ne chante plus; le? hommes de nos jours
A ta harpe elle-même, hélas! resteraient sourds;
Trop pleins d'un avenir tout brillant de chimères.
Leurs yeux vers le passé ne se détournent guères ;
Et si ma harpe encor, pour tromper mes ennuis,
Soupire pour moi seul dans l'ombre de mes nuits,
Ces chants dont ta douleur faisait son bien suprême.
De leur écho plaintif m'importunent moi-même,
Et mon cœur redescend de cet oubli trop court,
Comme un poids soulevé qui retombe plus lourd!
MON BONHEUR.
D'autres n'ont que l'absinthe; et moi, grâce au Seigneur,
J'ai ce que leur misère appelle le bonheur:
Un toit large et brillant sur un champ plein de gerbes.
Des prés où l'aquilon fait ondoyer mes herbes.
Des bois dont le murmure et l'ombre sont à moi,
Des troupeaux mugissants qui paissent sous ma loi;
Une femme, un enfant, trésors dont je m'enivre,
L'une par qui l'on vil, l'autre qui fait revivre;
Un foyer où jamais l'indigent éconduit
N'entre sans déposer son bâton pour la nuit;
Où l'hospitalité, la main ouverte et pleine,
Peut donner, sans peser, le pain de la semaine.
Ou verser à l'ami, qui visite mon toit.
Un vin qui réjouit la lèvre qui le boit.
Que dirai-je de plus? La douce solitude,
Le jour semblable au jour, lié par l'habitude,
Une harpe, humble écho d'espérance el de foi,
El qui chante an dehors quand mon cœur chante en moi.